Retour sur les conséquences de la catastrophe provoquée par le naufrage du pétrolier Erika survenu il y a 20 ans, déversant des milliers de tonnes de fioul au large de la côte bretonne.

Le pétrolier Erika en plein naufrage au large de la Bretagne, décembre 1999
Le pétrolier Erika en plein naufrage au large de la Bretagne, décembre 1999 © AFP / MARINE NATIONALE

Oui puisque le 12 décembre dernier marquait le 20ème anniversaire du naufrage du pétrolier affrété par Total. 

Après s’être brisé en deux, l’Erika vous vous en souvenez déversait ses milliers de tonnes de fioul lourd au large de la Bretagne occasionnant une dramatique marée noire.

Le pétrole souillera 400 kilomètres de côtes avec sur certaines zones du littoral des couches visqueuses de 5 à 30 cm d'épaisseur. Un travail infernal et titanesque pour les équipes mobilisées pendant des semaines pour les opérations de nettoyages. 

Selon la LPO, la ligue de protection des oiseaux, la catastrophe a été en outre la plus meurtrière pour les populations aviaires de ces régions. 150 000 à 300000 oiseaux n’ayant pas survécu aux dégâts causés par le pétrole. 

Et donc 20 ans après, quelles sont les traces de pollution laissées par cette gigantesque marée noire ? 

Et bien finalement assez peu selon Florence Poncet qui est chercheuse au CEDRE, un organisme français spécialisé dans les pollutions accidentelles des eaux et qui assure le suivi de l’Erika. Certaines zones touchées par le pétrole et très difficiles d’accès ont été volontairement conservées pour suivre l’évolution à long terme. Et globalement 20 ans plus après tout serait rentré dans l’ordre. 

Cependant certaines épaves restent des bombes à retardement. Florence Poncet  évoque des oiseaux souillés par du pétrole avant noël et dont l’analyse des plumes montre une similitude possible avec le pétrole du Tanio qui a fait naufrage au large de la Bretagne il y a…  40 ans ! Avec la corrosion des épaves, le pétrole peut toujours s’échapper des soutes.  

Et quelles ont été les leçons tirées de l’Erika? 

Ce naufrage a considérablement accéléré la prise de conscience écologique et le renforcement de la sécurité maritime.

La mise en lumière de certaines mauvaises pratiques maritimes a permis par exemple d’inscrire le « préjudice écologique » dans le code civil en reprenant le principe du pollueur payeur. 

Après la catastrophe, la sureté en mer a donc évolué avec la mise en place d’un système de prévention des accidents maritimes. Et avec les dégâts considérables d’une autre marée noire  celle du Prestige en 2002, l’Union Européenne a renforcé la législation en interdisant les pétroliers à simple coque et en multipliant la politique d’inspection des navires dans les ports français.

Et les résultats se sont fait sentir assez rapidement puisque selon le Ministère de la transition écologique, on dénombre aujourd’hui deux grandes marées noires par an sur le globe contre 25 dans les années 80. En revanche si le nombre de naufrage baisse, le nombre d’accidents reste important avec l’augmentation du trafic maritime. On enregistre une recrudescence des incendies et des explosions sans compter les dégazages illégaux qui demeurent fréquents au large des côtes.

La lutte contre les marées noires on en parle cet AM dans la Terre au Carré et on fait le point également sur les conséquences des incendies australiens sur la faune.

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