Objet de culte, ils sont les superstars absolues d’Internet et depuis qu’ils ont pris le pouvoir sur le web, les chats sont devenus aussi intouchables que des vaches sacrées. Et pourtant… Derrière les minauderies de votre matou domestique se cache en réalité un véritable serial killer.

Votre matou domestique est en vérité un véritable serial killer. Et pas le genre petit débutant des bas quartiers de la croquette, non un véritable tueur en série version Hannibal Lecter chez les félins, prêt à dézinguer minutieusement toute la faune sauvage croisée sur son passage. 

A l’échelle du globe, le chat est considéré comme le pire animal domestique en termes écologiques. Au total chaque année, ce sont des dizaines de milliards d’oiseaux et de rongeurs qui tombent sous ses coups de griffes. Et l’Australie particulièrement concernée a décidé d’employer les grands moyens, pour faire face au problème.

L'Australie a déclaré la guerre aux chats 

Depuis son introduction il y a deux siècles, le chat australien a tellement proliféré qu’il tue chaque minute plus de 2000 animaux endémiques. En janvier le pays du kangourou annonçait vouloir abattre 20 millions de félins d’ici 2020 et il vient aussi d’ériger dans la réserve de Newhaven, la plus grande barrière anti-chats du monde. 94 kilomètres carrés électrifiés, c’est quasiment Paris entouré par les barbelés ! 

Dans cette aire protégée de 70 000 hectares, les principales victimes des chats sauvages comme le rat-kangourou, le chat marsupial de Geoffroy ou le lièvre wallaby à lunettes, devraient être à l’abri.

Vu de chez nous cela peut sembler totalement crétin d’artificialiser à ce point la nature pour protéger la biodiversité. Mais l’Australie a bout de nerf, en a fait une affaire nationale et veut tout tenter pour se débarrasser de ses chats prédateurs.

Est-ce que la France connaît des problèmes similaires ? 

Non loin de là car après des millénaires de co-évolution, notre faune est plus robuste face à la prédation des chats. Cependant avec 14 millions d’individus déclarés par nos concitoyens, un chiffre qui ne comptabilise pas les chats errants, les matous domestiques français sont les prédateurs les plus redoutables et les plus abondants dans les milieux urbains et périurbains. 

En 2015 le muséum lançait sur Internet auprès des propriétaires de chats, une opération de science participative de grande envergure pour en savoir plus sur leur régime alimentaire. 

Après avoir recueilli plus de 40 000 données, photos à l’appui, les scientifiques ont découvert un régime d’une très grande diversité puisque plus de la moitié des proies mortes rapportées par ronron sur le tapis, ne sont pas des rongeurs, mais d’autres vertébrés comme les musaraignes, les oiseaux, les reptiles, les chauves-souris et même les amphibiens. Reste maintenant à estimer l’impact réel de la prédation des chats sur la faune sauvage. 

Si vous adorez votre petit carnivore à moustaches mais que vous souhaitez faire un geste pour la biodiversité, la LPO conseille de ne pas laisser sortir votre félin au petit matin ou à la tombée de la nuit. Les rongeurs et les oiseaux vous en seront éternellement reconnaissants…

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