Ce matin dans l’édito carré, la transmission du nouveau coronavirus dans les milieux fermés.

L’histoire se passe le 24 janvier dernier à Canton en Chine. Une famille de retour de Wuhan va déjeuner dans un restaurant climatisé. Deux autres familles mangent sur des tables situées à une distance d’un peu plus d’un mètre. Peu de temps après l’un des membres de la première famille tombe malade et se rend à l’hôpital. Quinze jours plus tard, neuf autres personnes présentes dans le restaurant contractent le Covid-19.

Cette contamination a été étudiée à la loupe par plusieurs chercheurs et elle montre que la climatisation serait à l'origine de la transmission du virus. Les scientifiques reconnaissent les limites de leur étude mais ce cas particulier vient toutefois conforter l’hypothèse de la transmission aéroportée du Covid-19. 

Il offre également des pistes sur les précautions à prendre dans les lieux fermés avec une plus grande distance à prévoir entre les personnes et une bonne aération. L’air ne doit pas être recyclé mais venir de l’extérieur et ressortir de la salle.

Le virologue Jean-Claude Manuguerra regrette le manque d’études sur le rôle de la ventilation et de la climatisation. C’est la raison pour laquelle des travaux sont nécessaires dans des lieux très confinés où le coronavirus s’est propagé comme à bord du paquebot Diamond Princess ou sur le porte-avions Charles de Gaulle sur lequel 60% des marins ont été contaminés. 

Et que sait-on de la transmission du virus dans les transports ? 

Et bien concernant l’avion, Jean-Claude Manuguerra précise que l’air y est très sec ce qui ne favorise pas la contamination des virus. Le renouvellement de l’air qui vient de l’extérieur y est très important et la ventilation par zone permet en outre de séparer les différentes parties de la cabine. Et puis enfin cet air transite par des filtres absolus qui sont les mêmes que ceux utilisés dans les laboratoires biologiques de Haute sécurité. 

Et pour le métro ? 

Et bien l’air y est également souvent renouvelé en raison des courants d’air et des portes qui s’ouvrent toutes les minutes et demie. Une étude réalisée en 2009 montrait que le risque de contamination par le virus de la grippe A (H1N1) était extrêmement faible dans le métro et qu’il n’avait même pas été retrouvé sur les barres en acier. Les risques de transmission ont donc davantage de chances de se faire entre voisins de bureau, en famille ou à l'école.

En raison de la distanciation physique d’un mètre qui est très difficile à respecter dans les transports en commun, la règle selon Jean-Claude Manuguerra est de porter correctement son masque en se recouvrant le nez et la bouche tout en évitant de se toucher le visage avec les mains. 

En revanche il déconseille le port de gants qu’il juge même dangereux car ces derniers se souillent, peuvent contaminer de nouvelles surfaces et n’empêchent pas de se toucher fréquemment le visage. 

Le virus dans les lieux fermés nous y reviendrons cet AM dans le virus au carré. 

  • Légende du visuel principal: Ici dans un restaurant à Pékin fin avril 2020 où la vie reprend son cours normal © Getty / Artyom Ivanov
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