Ce matin dans l’édito carré, l’un des plus grands organismes vivants sur terre.

Pando Valley, USA
Pando Valley, USA © Matt Anderson Photography

Son nom est « Pando » ce qui signifie en latin « je m’étends ». Il se trouve dans l’Utah dans l’Ouest des Etats-Unis et il s’agit d’une colonie de 47.000 peupliers de l’espèce américaine « faux trembles » (Populus tremuloide). Tous ces arbres ont la particularité d’être reliés à un même système racinaire. Pando est donc considéré comme un seul et même organisme puisqu’il possède un patrimoine génétique unique. Il s’étend sur 45 hectares avec un poids estimé à 6.000 tonnes ce qui représente une biomasse extraordinaire.  

Les peupliers font partie des espèces pionnières dans leur façon d’occuper les sols. Pour survivre dans les milieux difficiles ils ont en effet mis en place une stratégie qui leur permet de se multiplier naturellement. Cette méthode de reproduction et de survie s’appelle le « drageonnage ». Pando s’est donc développé à partir de la même graine de peuplier. Et c’était il y a très longtemps puisque son âge est estimé à 80000 ans ! La souche d’origine a donc disparu depuis des millénaires mais Pando est parvenu à se régénérer en rajeunissant à chaque nouvelle bouture. Une sorte de cure de jouvence et un véritable trésor pour l’humanité. Malheureusement Pando est en danger.
 

Et pour quelle raison? 

Et bien parce que la surface de Pando ne cesse de se réduire. Cette menace a fait l’objet d’une publication dans la revue Plus One et d’un avertissement de la part des scientifiques de l’Université d’Etat de l’Utah qui ont observé le déclin inquiétant de cet arbre foret classé depuis 2006 dans les « quarante merveilles de l’Amérique ». C’est en observant des photographies aériennes prises depuis plus de soixante dix ans que les chercheurs ont constaté la dégradation de ce vénérable organisme. 

Mais qui sont les responsables ? 

Serait en cause la surpopulation de la faune sauvage avec les cerfs et les wapitis en particulier qui trouvent les arbres juvéniles de Pando tout à fait à leur goût. Ces herbivores exercent une pression trop importante en dévorant les jeunes poussent qui ne parviennent plus à remplacer les arbres morts. Pour faire face au problème les scientifiques ont construit des clôtures autour de certaines parcelles, mais il semble que le recourt à cette barrière artificielle soit insuffisant pour protéger le clone emblématique. Les scientifiques accusent les hommes d’avoir exterminé les prédateurs naturels comme le loup, tout en ayant interdit la chasse aux cerfs. Et selon eux si aucune politique de conservation n’est mise en œuvre, Pando pourrait perdre 75% de sa surface dans les vingt prochaines années. Dans leur publication, les chercheurs invitent à considérer la faune et la forêt comme un écosystème global pour mieux le préserver.

La disparition de l’un des plus vieux organismes de notre planète ne peut pas nous laisser indifférents. Nous avons en effet grandi auprès des arbres et cet illustre ancêtre nous rappelle à quel point ils occupent une place à part dans l’histoire de notre humanité.

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