Ce matin dans l’édito carré, on s'intéresse à une industrie de la mode plus durable et responsable. Pour rester compétitif et répondre à la demande de nos pays, l’industrie textile produit toujours plus et toujours moins cher, ce qui est difficilement compatible avec le respect des droit sociaux.

Une mode éthique est-elle possible ?
Une mode éthique est-elle possible ? © Getty / Colin Anderson Productions pty ltd

Nous sommes le 24 avril 2013 à Savar un faubourg de Dacca la capitale du Bangladesh. Il est 9 heures du matin lorsque le sol du Rana Plaza commence à trembler. En deux minutes, le bâtiment s'effondre complètement.

1200 personnes mourront dans cette catastrophe abominable. 

L’immeuble de plusieurs étages abritait des ateliers de confection textile pour le compte de différentes enseignes internationales comme Mango, Benetton ou Tex la marque de prêt-à-porter du groupe Carrefour.

Cette catastrophe est devenue l’un des symboles des abus de la fast-fashion, la mode jetable avec ses vêtements vendus à des coûts très bas. 

Car pour rester compétitif et répondre à la demande de nos pays, l’industrie textile au Bangladesh produit toujours plus et toujours moins cher, ce qui est difficilement compatible avec le respect des droit sociaux. 

C’est ce que rappelle la sociologue Majdouline Sbai dans son livre Une mode éthique est-elle possible ?. Une histoire de l’industrie de ce secteur qui illustre la mondialisation de l’économie et les impacts écologiques des produits textiles. 

Car la mode a un fort impact sur l’environnement ? 

Oui, puisqu’à force de produire toujours plus et toujours plus vite, l’industrie du textile serait devenue l’une des plus polluantes du monde et l’une des plus consommatrice de ressources. 

Elle contribue en effet aux émissions de gaz à effet de serre et au dérèglement climatique en consommant des énergies fossiles dans la phase de production et dans le transport des composants et des produits finis. 

La fabrication des vêtements et leur entretien nécessitent chaque année des milliards de mètres cubes d’eau et entraîne des pollutions dans les rivières et les eaux de surface partout sur la planète. 

Un exemple avec les fibres synthétiques qui sont rejetées dans les milieux naturels. Elles ne se décomposent pas et représenteraient dans les océans l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques selon un rapport de la fondation Ellen Mac Arthur. 

Et puis la mode génère des déchets très importants. Chaque année en France, ce sont 700 000 tonnes de textiles, de linge de maison et de chaussures qui sont ainsi mises sur le marché. Et lorsque l’on sait que deux tiers des Français déclarent avoir acheté des vêtements qu’ils ne portent jamais, cela laisse songeur… 

Alors une mode éthique est-elle possible ? 

Pour l’instant, force est de constater que malgré le lancement de nouvelles marques, le marché de l’habillement éco-responsable reste marginal. Mais des initiatives existent avec par exemple des collectifs, comme "Ethique sur l’étiquette", qui sensibilisent les citoyens sur les conditions de travail des ouvriers. 

Une prise de conscience qui passe aussi par le choix des matières premières, de textile recyclés et le recours à une économie circulaire. 

Il existe un mouvement : la "slow fashion" qui vous invite à réutiliser des pièces déjà portées et à moins suivre les tendances à la lettre. Bon ça remarquez, c’est déjà ce que vous faites depuis longtemps …

La mode éthique, on en parle cet après-midi dans la Terre au Carré

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