Les premières enquêtes montrent que la durée du confinement est un facteur de stress et une durée supérieure à 10 jours est prédictive de symptômes post-traumatiques, de comportements d’évitement et de colère...

Alors que trois milliards de personnes sont actuellement confinées dans le monde, de nombreux experts s’interrogent sur les impacts négatifs d’une telle situation sur la santé mentale de différentes populations comme les personnes en confinement, les malades isolés, les familles en deuil ou les personnels soignants épuisés. 

Même si pour le moment ce que nous vivons est totalement inédit par son ampleur et qu’il est difficile d’en évaluer scientifiquement dès maintenant les effets, des enseignements tirés de précédentes épidémies ainsi que les premiers retours d’enquêtes menées en Chine, peuvent nous aider à comprendre le retentissement psychologique d’un tel événement.  

Que montrent ces études ?

Un premier travail publié dans The Lancet le 26 février a analysé 24 études scientifiques concernant 10 pays lors de précédentes épidémies. Cette étude montre que 

La durée du confinement elle-même est un facteur de stress et qu’une durée supérieure à 10 jours était prédictive de symptômes post-traumatiques, de comportements d’évitement et de colère. 

Parmi les facteurs de stress, on trouve la peur d’être infecté ou de transmettre le virus, l’ennui, la frustration et le sentiment d’isolement mais aussi l’absence de clarté sur les niveaux de risque et l’absence de transparence sur la sévérité de la pandémie. 

Une enquête chinoise publiée le 6 mars, portait-elle sur le degré de détresse psychologique de la population. Elle a permis de collecter 52 000 réponses et révèle que 35% des personnes avaient un stress psychologique modéré. Ce sont les personnes âgées ou isolées, les femmes et les adolescents qui sont en Chine les populations les plus fragiles. Et puis dans le même temps cette enquête indique l’émergence de symptômes psychiatrique nécessitant une prise en charge chez 5% de la population au bout de trois semaines de quarantaine.

Comment est vécu le confinement pour les personnes qui souffrent déjà de troubles psychiques ? 

En règle générale les populations les plus vulnérables souffrent souvent plus que d’habitude. C’est la raison pour laquelle affirme la psychiatre Astrid Chevance, il est important de repenser une organisation pour que les patients de la psychiatrie ne soient pas relégués au second rang lorsque les hôpitaux sont saturés par exemple. 

Et puis il y a aussi les soignants qui représentent une autre population à risque.

Après plusieurs semaines très intensives, un certain nombre d’entre eux sont déjà au bord du burn-out notamment en raison du stress causé par les prises de décisions difficiles et l’arrivée massive de malades à traiter dans l’urgence. Un personnel qui doit également faire face à la solitude des patients coupé de leurs familles et qui craint également d’être lui-même contaminé. 

Vous l’avez compris, dans ce contexte si particulier, tout le monde est concerné : les personnes à risque comme la population générale. 

C’est la raison pour laquelle de nombreux psychologues ou psychiatres proposent déjà des consultations gratuites ou des aides sur Internet pour surmonter ce stress. 

L’impact du confinement sur la santé mentale on en parle cet AM dans le virus au carré. 

  • Légende du visuel principal: Effets psychologiques du confinement © Getty / Martin Dimitrov
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