Ce matin dans l’édito carré vous nous parlez de « grands projets inutiles et imposés ». De quoi s’agit-il ? Principalement situés dans les milieux ruraux et péri-urbains ce sont ces projets d'installation ou d’extension d’infrastructures comme des aéroports, des barrages ou des centres commerciaux.

Capture écran de la carte des luttes publiée sur le site de Reporterre
Capture écran de la carte des luttes publiée sur le site de Reporterre © Reporterre

On assiste depuis quelques années, principalement dans les milieux ruraux et péri-urbains, à une multiplication des mouvements de résistance face à l’installation ou à l’extension d’infrastructures comme des aéroports, des barrages, des centres commerciaux ou des autoroutes. 

Ces projets d’envergure suscitent de plus en plus de réticence voire de vives oppositions de la part des populations. 

Parmi les luttes les plus emblématiques citons l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure ou plus récemment le mégacomplexe Europa City à Gonesse. 

Pendant longtemps les opposants à de tels projets ont été considérés comme des emmerdeurs patentés faisant barrage à l’intérêt général. 

Un terme a même été créé dans les années 80 aux Etats-Unis pour décrire l’attitude des personnes hostiles aux infrastructures modifiant leur environnement. On les appelle les NIMBY un acronyme qui signifie « not in my BackYard » « pas dans mon arrière-cour ».

Sauf que la tendance s’est inversée avec ces mouvements de lutte qui se sont regroupés pour unir leurs forces contre les GPII : les « Grands projets inutiles et imposés »

Et qu’est ce qui caractérise ces projets ? 

L’un des points communs c’est le bétonnage des terres. L’artificialisation des sols est devenu un vrai sujet de résistance de la part de collectifs qui ne supportent plus la démesure que ce soit en termes de coûts ou d’impacts sur l’environnement. 

Au cœur de ces contestations figure également le fonctionnement de la démocratie face à des promoteurs ou à des élus qui tentent souvent un passage en force de projets sans véritable concertation locale. 

Mais partout désormais des femmes et des hommes  s’organisent pour s’opposer à une décharge, une ligne à grande vitesse ou à un supermarché. 

Léa Sébastien Maître de conférence en géographie et qui travaille sur les conflits d’aménagement montre à quel point ces luttes représentent une source importante de (re)politisation des enjeux écologiques. Et aujourd’hui Reporterre, le quotidien de l’écologie publie sur son site une carte inédite des luttes contres ces grands projets inutiles en France. 

Comment ont-elles été sélectionnées ? 

En se fondant sur la définition des GPII adoptée lors du forum social mondial de Tunis en 2013.  

Il s’agit de projets constituants un « désastre écologique socio-économique et humain qui n’intègrent pas la participation effective de la population à la prise de décision ». 

Résultat : 200 d’entre eux figurent dans cette carte. Cela représente des centaines de collectifs qui se mobilisent contre des projets nocifs pour le climat et la justice sociale. On y trouve un poulailler industriel, un incinérateur, un surf park ou encore un entrepôt d’Amazon. 

Le mythe du progrès hérité des 30 glorieuses ne fait plus recette et les gens ne se font plus berner sur les conséquences de la mondialisation et de la compétitivité explique Léa Sébastien. 

On vous présente cette carte des luttes cet AM dans la Terre au Carré et on s’intéresse aux ressorts de ces engagements. 

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