Même si les hippopotames sont parmi les animaux les plus dangereux du monde, les services qu’ils rendent à la nature sont immenses. Une étude publiée la semaine dernière dans la revue "Science Advances" montre que leurs bouses jouent un rôle très important dans les lacs et les rivières d’Afrique.

Hippopotame
Hippopotame © Getty / James Arup

Rien de scatologique dans ce travail, mais plutôt l’occasion de voir comment des réactions en chaîne peuvent avoir des conséquences inattendues sur la santé d’un écosystème. 

Direction la rivière Mara, au Kenya, où des scientifiques ont étudié à la loupe cet endroit où vivent de nombreux hippopotames. 

Ces animaux ont un mode de vie qui se distingue des autres grands mammifères, car c’est lorsque la nuit tombe, qu’ils se mettent à table.  Chaque individu consomme l’équivalent de 40 kilos d’herbe fraîche et de plantes trouvées dans la savane. Et ces herbes sont particulièrement riches en dioxyde de silicium, un élément très nutritif. 

Les hippopotames passent ensuite leurs journées dans la rivière à se la couler douce et à narguer les crocodiles loin du soleil brûlant. Et c’est justement dans l’eau qu’ils digèrent leur nourriture et qu’ils défèquent. 

Et bien les chercheurs ont découvert que les hippopotames agissaient comme des sortes de pompes à silicium vivantes en transportant ces nutriments de la terre ferme aux cours d’eau. 

En analysant la composition des excréments, les chercheurs ont calculé que les hippopotames transportaient à eux seuls 76% du silicium présent dans la rivière Mara. Ils ne pensaient pas que ces animaux avaient une telle influence sur les cours d’eau. 

Et il s’agit d'un rôle crucial. Par exemple pour les algues qui sont à la base de la chaîne alimentaire et qui ont besoin du silicium pour fournir de la nourriture aux autres plantes et animaux qui vivent dans ce milieu aquatique. 

En cas de manque de silicium, la population d’algues peut s’effondrer avec des conséquences néfastes pour l’ensemble du réseau trophique des lacs ou des rivières concernées. 

Les risques sont réels ? 

Oui, puisqu’en raison de la chasse et de la perte de leur habitat, le nombre d’hippopotames s’est considérablement réduit et cet animal est désormais classé parmi les espèces vulnérables. Les chercheurs estiment qu’avec la baisse de leurs populations, cette précieuse fonction de pompe à silicium a été partiellement perdue. 

Le lac Victoria dans lequel se jette la rivière Mara pourrait connaître à long terme de vrais problèmes. 

Les algues nuisibles pourrait proliférer entraînant une réduction de l’apport en oxygène de l’eau, la mort des poissons et en bout de chaîne une situation désastreuses pour la pêche qui est une source importante de nourriture pour les habitants de la région. 

Les bouses d’hippopotames sont donc essentielles dans l’équilibre des ressources et leur braconnage est totalement catastrophique. 

Arrêtons donc de faire chier ces animaux, afin qu’ils continuent à offrir aux rivières africaines les excréments dont elles ont besoin. 

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