Ce matin dans l’édito carré, la figure du savant fou.

C’était il y a tout juste 200 ans, une jeune romancière britannique, Mary Shelley, âgée de seulement 18 ans, donnait naissance à un personnage qui allait devenir l’archétype du scientifique transgressif : le célèbre Docteur Frankenstein

L’histoire d’un savant qui parvient à assembler un monstre vivant à partir de chairs mortes. Sa créature surhumaine et hideuse se vengera par la suite d’avoir été rejetée par son inventeur.

Extrait    

Le roman « Frankenstein ou le Prométhée moderne » sort donc en 1818 à une époque où les innovations scientifiques explosent de toutes parts. Le public assiste à une accélération des connaissances au milieu desquelles la découverte de l’électricité reste le point d’orgue.  

Ce livre, considéré pour beaucoup comme le roman de science-fiction originel, apparaît aussi comme le premier texte éthique avec sa remise en cause des progrès scientifiques qui vient en écho à la célèbre formule de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». 

Et visiblement le docteur Frankenstein n’a pas perdu de son attrait… 

Absolument et à travers les personnages du monstre et du docteur ce sont bien les dangers d’une science débridée qui sont dénoncés. 

Avec Frankenstein, l’audace de la transgression finit mal et cela change considérablement le regard que le public pose sur la figure du savant lorsqu’il comprend que ce dernier est capable de tomber du côté obscur de la force.

En 1942, Isaac Asimov édicte ses trois lois de la robotique. La première indique que le robot ne doit pas porter atteinte à un être humain. Une sorte de code déontologique pour les scientifiques. 

Mais trois ans plus tard, le monde sidéré, découvre que de simples atomes peuvent provoquer un déluge de feu nucléaire et anéantir des villes entières comme Hiroshima et Nagasaki. Cet évènement dramatique fait voler en éclat le capital confiance accordé aux savants. Depuis cette date l’ombre du Docteur Frankenstein reste coller comme un chewing-gum aux baskets des scientifiques.    

Et les sujets aujourd’hui ne manque pas pour alimenter la suspicion…

Oui et c’est du côté de la manipulation du vivant que les crispations les plus vives se font sentir avec les plantes génétiquement modifiées ou le bricolage sur l’ADN avec la technique des Crispr. 

Que dire aussi des intelligences artificielles dont certains esprits dépressifs annoncent qu’elles vont prendre le contrôle et remplacer les hommes ou encore des transhumanistes qui affirment que l’éternité est à portée de main. 

Extrait
 

Et puis des apprentis sorciers qui aurait pu inspirer Mary Shelley on en trouve encore de beaux spécimen aujourd’hui. Citons ce neurologue italien, le docteur Sergio Canavero qui assure depuis des années, être sur le point de transplanter une tête humaine vivante sur le corps d’un donneur décédé. Un gros clin d’œil aux audaces du Docteur Frankenstein. 

200 ans plus tard, le mythe est donc toujours bien vivant et il se rappelle aux bons souvenirs des scientifiques prêts à tout pour repousser les limites. 

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