une étude publiée la semaine dernière dans "Science" indiquait que le commerce des espèces rapportait entre 8 et 21 milliards de dollars chaque année. Il s’agit de l’une des plus grandes entreprises illégales au monde.

Le cas emblématique du pangolin
Le cas emblématique du pangolin © Getty / Hindustan Times

Qu’il s’agisse des oiseaux, des mammifères, des amphibiens ou des reptiles, 18% de l’ensemble des vertébrés terrestres sont concernés par ce commerce. De l’éléphant à la grenouille en passant par les faucons ou les tortues étoilées de l’Inde, l’extinction animale étend sa toile sur toute la planète et rien ne semble pouvoir arrêter la course à l’exotisme comme l’écrit l’association Robin des bois dans un Atlas qui paraîtra mercredi chez Arthaud. 

Un trafic qui provoque une spéculation sur les animaux les plus menacés

Ce commerce est responsable de la perte de certaines espèces en particulier, puisque la demande a pour effet pervers de provoquer une spéculation sur les animaux les plus menacés. 

Citons le commerce florissant de la corne de rhinocéros. Entre 2013 et 2018 plus de 6000 bêtes ont été braconnées et décornées en Asie et en Afrique. Mais cette filière sévit aussi en France et notre pays est d’ailleurs le seul au monde où un rhinocéros blanc a été abattu en captivité et décorné. C’était en 2017 au zoo de Thoiry.  Il faut dire qu’une seule corne peut se vendre entre 25 000 et 50 000 euros le kilo. C’est plus que l’or ou la cocaïne.

Le cas du pangolin est tout à fait emblématique : cet animal pacifique fait l’objet d’un braconnage intensif en raison des propriétés médicinales supposées de ses écailles. Particulièrement menacé il se retrouve au premier rang mondial des mammifères sauvages victimes de trafic. 

Et que dire des chardonnerets élégants. Ça n’est pas une hécatombe mais une mégatombe écrit l’association Robin des bois. Cet oiseau a quasiment disparu. En France le braconnage de cet animal se transmet de génération en génération. La chasse à la glu fait encore partie du patrimoine national. Le chardonneret a beau être classé parmi les espèces vulnérables et avoir récemment intégré la liste rouge des oiseaux nicheurs de France, il reste très recherché pour son plumage et son chant. 

Cette contrebande des animaux sauvages se pratique donc à l’échelle industrielle…

Oui et des études ont montré à quel point la rareté d’un animal fait augmenter sa valeur, donc son exploitation et donc sa rareté jusqu’à la quasi extinction comme c’est le cas pour le rhinocéros blanc.

Jusqu’à 30% des espèces menacées font l’objet d’un commerce. Un business qui va d’ailleurs de pair avec la corruption et le blanchiment d’argent. Les chercheurs calculent que le nombre d’espèces exploitées pourrait augmenter de 57% dans les prochaines années.

Ils suggèrent donc que des mesures de protection pour ces espèces soient prises avant que leur population ne dégringole. Des plans stratégiques de lutte avec des politiques plus volontaristes à l’échelle mondiale sont nécessaires pour tenter d’enrayer ce trafic infernal. 

Le business des espèces menacées on en parle tout à l’heure dans la Terre au Carré

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