A l'occasion de la Journée mondiale des océans, Mathieu Vidard évoque une nouvelle pollution dans les mers du Globe. C'est un véritable ras-le-bol des bénévoles qui ramassent les déchets liés à la crise du coronavirus : les masques, gants, flacons de gel, ou lingettes désinfectantes se retrouvent dans la mer.

NICOLAS : Mathieu, aujourd’hui à l’occasion de la journée mondiale de l’océan : une nouvelle pollution dans les mers du globe. 

MATHIEU : C’est un véritable ras-le-bol généralisé de la part des bénévoles qui ramassent en ce moment sur les plages du monde entier les déchets directement liés à la crise du Covid-19. Partout depuis la Chine à la méditerranée en passant par le littoral américain, le constat est le même : les masques, gants, flacons de gels ou lingettes désinfectantes abandonnés se retrouvent dans la mer comme en témoignent les photos et les vidéos édifiantes prises par les associations.

Sachant que rien qu’en France, plus de deux milliards de masques ont été commandés, une nouvelle pollution de grande ampleur est désormais à craindre. 

Les masques chirurgicaux sont composés de microfibres de polypropylène, une matière plastique dérivée du pétrole qui met 450 ans à se désagréger. Une très lente décomposition qui va intégrer la chaîne alimentaire et polluer durablement les écosystèmes marins. 

La fondation pour la mer évoque une bombe à retardement avec ces « déchets Covid », qui pourraient entraîner des dégâts irréparables sur la biodiversité marine. 

Des océans qui sont déjà gravement touchés …

En effet puisque partout dans les mers du globe les organismes marins sont concernés par la pollution aux plastiques. 

Une étude de l’Ifremer datée du mois de juillet montrait même que la Méditerranée était devenue la mer la plus polluée d’Europe avec des niveaux record mettant en danger les espèces marines et la santé humaine. 

Alors qu’elle ne représente que 1% des eaux marines à l’échelle de la planète, la Méditerranée concentre à elle seule 7% de tous les micro-plastique, ces fragments qui font moins de 5 mm. Cette pollution s’explique notamment par les grosses difficultés en matière de collecte des déchets plastiques dans certains pays du pourtour Méditerranéen. 

Selon l’océanographe Jean-François Ghiglione, plus aucun océan, fleuve ou rivière du globe n’est épargné par cette pollution. Ce qu’a confirmé l’année dernière le voilier Tara après 6 mois de mission sur les 4 façades maritimes européennes et les 9 principaux fleuves d’Europe. La goélette a ainsi montré que 100 % des prélèvements d’eau effectués dans les fleuves européens contenaient des microplastiques.

Ils proviennent en très grande majorité des plastiques à usage unique comme les sacs, les cotons tiges et les pailles auxquels vont donc pouvoir s’ajouter les masques et les gants du Covid.  

Comment lutter contre cette hémorragie ? 

En prenant les bonnes décisions depuis la terre ferme. Les solutions existent et la Fondation Tara Océan, préconise par exemple des mesures urgentes qui passent par l’amélioration de la collecte et le recyclage des déchets, la réduction drastique des plastiques jetables et à usage unique et l’adoption de lois très contraignantes. Un vrai défi pour lutter contre le plastique devenu le symbole de l’ère dans laquelle nous vivons. Nous y reviendrons tout à l’heure dans la Terre au Carré.  

  • Légende du visuel principal: Les masques utilisés pour se protéger de la Covid-19 jetés polluent déjà les mers © Getty / Sergi Escribano
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.