Ce matin dans l’édito carré, une étude qui met en évidence les avantages de la réduction du sel dans notre alimentation.

Oui Nicolas et c’est parce que je m’inquiète pour vous et Léa des excès de petits fours qui vous guettent sur la Croisette que je voulais vous rapporter urgemment les conclusions de cette nouvelle recherche publiée il y a quelques jours dans la revue PLOS Medicine.  

On sait depuis longtemps que la consommation excessive de sel est un facteur de risque pour l'hypertension et les maladies cardiovasculaires. Chaque année à l’échelle mondiale, plus d’un million et demi de décès seraient directement imputables à l’ajout excessif de sel dans nos assiettes.  

Des chercheurs de l’Université de Liverpool et de Boston ont donc voulu quantifier l'impact sanitaire et économique potentiel d’une politique volontaire de réduction du sel comme celle préconisée par la FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et des médicaments et qui ciblent les aliments industriels transformés. 

En comparant trois niveaux de mise en œuvre de cette politique et en les modélisant, les chercheurs ont constaté qu’un scénario optimal de 100% de conformité aux objectifs de la FDA pourrait prévenir environ 450 000 cas de maladies cardiovasculaires et générer des économies d’environ 40 milliards sur une période de 20 ans. 

Au vu des résultats, les auteurs de l’étude suggèrent qu’une réduction de sel devienne une priorité pour sauver des vies et réduire les coûts des soins de santé. 

Selon le chercheur Pierre Meneton qui s’est attaqué au lobby du sel en France et qui répète depuis des années que l’excès de sa consommation favorise l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, l’ostéoporose ou le cancer gastrique ; cette nouvelle étude est certes très intéressante mais comme les précédentes elle ne fait appel qu’à une démarche volontaire de la part de l’agro-industrie. Autant vous dire que les géants du sel peuvent dormir encore pendant longtemps sur leurs deux oreilles avec cette approche par auto régulation qui doit bien les faire rire ! 

Ce type de démarche ça ne marche pas ? 

Non. Malgré les alertes sanitaires et les seuils fixés par l’OMS en 2007, nous continuons à manger trop salé et l’attente d’initiatives volontaires de la part du secteur agro-industriel ne permet pas d’obtenir de vrais objectifs en matière de santé publique. C’est donc le statu quo avec un excès de sel chronique dans la population et ce dès le premier âge.

La consommation moyenne de sel dans notre pays est d’environ 8,5 grammes par jour lorsque l’OMS préconise 5 grammes par jour et alors que nos besoins physiologiques réels sont inférieurs à 2 grammes. 

Les aliments à cibler en priorité pour baisser les quantités de sel sont le pain, les charcuteries, les fromages mais aussi les pâtisseries.  

Pour Pierre Meneton ce n’est qu’au prix d’une législation et d’une réglementation offensive de la part des pouvoirs publics que les objectifs seront atteints.   

Si donc Nicolas, vous l’avez compris, pour conserver votre allure de jeune cabri sur les marches du festival, allez-y mollo sur les amuses gueules. 

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