Ce matin dans l’édito carré, une étude britannique montre que les sacs biodégradables ne le seraient pas tant que ça.

Sac biodégradable
Sac biodégradable © Getty / Geography Photos/Universal Images Group

Interdits depuis 2016 dans nos supermarchés, les sacs en plastique ont été remplacés par des produits plus durables. 

Mais des biologistes de l’Université de Plymouth ont voulu savoir si ces nouveaux sacs étaient à la hauteur de leurs promesses. Ils ont donc testé la dégradation de cinq matériaux entrant dans la composition des sacs disponibles dans les magasins et grandes surfaces du Royaume-Uni : un sac biodégradable, un compostable, deux oxo-dégradables et un autre en plastique traditionnel. Pendant trois ans, ces sacs ont exposé à l’air, au sol et à la mer et ils ont été contrôlés à intervalles réguliers.

Et les résultats montrent qu’à l’issue de cette période, aucun des sacs ne s’est correctement dégradé dans les différents environnements.

Aucune différence selon les milieux étudiés ?

Alors si quand même. Les sacs étiquetés "compostables" sont ceux qui se sont le mieux dégradés puisqu’ils ont presque totalement disparu après trois mois passés dans la mer.

Tous les sacs laissés au grand air eux se sont transformés en l’espace de neuf mois en morceaux plus petits mais les deux types de sacs biodégradables eux sont restés en parfait état après avoir passé plus de trois ans dans le sol et le milieu marin au point de pouvoir encore servir de contenant.

Alors évidemment, les résultats de cette étude posent un certain nombre de questions aux chercheurs comme aux consommateurs qui font confiance à ces sacs biodégradables. 

Mais selon le chercheur français Christophe Thomas qui est professeur à l’école de Chimie ParisTech, il faut prendre cette étude avec précaution afin de ne pas brouiller le message. 

Le gros problème, c’est que tous les pays n’adoptent pas les mêmes normes. C’est le cas justement de la Grande-Bretagne puisque deux des plastiques oxo-biodégradables utilisés dans cette étude sont encore vendus en Grande-Bretagne alors qu’ils sont interdits en France et dans d’autres pays européens. Cette catégorie se décompose en petits fragments dans l’environnement et on ne connait encore pas bien l’impact de ces micro-plastiques dans la nature. 

Alors quel message faut-il retenir ? 

Qu’un plastique bio dégradable sera toujours moins néfaste qu’un plastique qui ne l’est pas en attendant que tout le monde se mette d’accord sur la normalisation des définitions autour du plastique. Pour les auteurs de l’étude, il conviendrait donc de concevoir des matériaux réellement capables de se détériorer dans des conditions naturelles, en particulier dans les environnements marins, où le plastique représente près de 75% des déchets. 

La question soulevée par les chercheurs est aussi celle de notre dépendance aux plastiques à usage unique.

Christophe Thomas rappelle que lorsqu’on achète un sac même biodégradable, ça n’est pas à priori pour qu’il finisse dans la nature. 

Le meilleur impact environnemental pour faire vos courses reste donc les sacs réutilisables ou les caddies qui font d’ailleurs un retour en force dans les rayons. Le caddie accessoire incontournable de votre saison 2019-2020 ? Voilà Nicolas l’idée cadeau futée de l’année pour lutter efficacement contre le plastique à usage unique !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.