Au milieu du XIXe siècle, l’architecte a connu sa révolution moderne. Une révolution qui a commencé par un détail en voyant le béton remplacer la pierre et le bois. Cette utilisation du béton s’est faite pour des raisons d’économie et de praticité.

Quand l'architecture s'adapte aux changements environnementaux
Quand l'architecture s'adapte aux changements environnementaux © Philippe Rahm architectes

L’architecture serait aujourd’hui dans une situation assez similaire où un petit détail est en train de tout changer. Ce détail, c’est celui de l’isolation du bâtiment par l’extérieur plutôt que par l’intérieur. Cette inversion de la position de l’isolation semble totalement anodine et pourtant, elle s’inscrit comme une réponse au réchauffement climatique.  

C’est ce que raconte l’architecte Philippe Rahm dans un livre Ecrits climatiques qui va paraître la semaine prochaine.  

Si l’on cherche une cause microscopique qui annoncerait les grandes décisions architecturales et urbaines à venir au XXIe siècle écrit-il, c’est certainement le dioxyde de carbone qui pourrait jouer le premier rôle.  

L’énergie consommée par les techniques du bâtiment (chauffage, ventilation, air conditionné ou production d’eau chaude) étant responsable pour près de 40% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, l’architecture et l’urbanisme sont donc directement impliqués dans la mission écologiste et citoyenne pour une réduction de ces dépenses.  

Et comment répondre à cette problématique ?  

En travaillant d’abord sur l’isolation thermique des bâtiments qui reste le premier geste à accomplir pour le climat.  

Dans une tribune publiée dans le Monde l’année dernière, Philippe Rahm, rappelait que la première chose à faire pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique est de changer nos vieilles fenêtres avec des doubles ou triples vitrage avant même d’arrêter de prendre l’avion ou de ne plus manger des fruits hors saison.  

Cet effort permettrait de réduire nos émissions de CO2 de 15%.  

Aujourd’hui les architectes sont donc en première ligne dans le combat écologique en travaillant sur une meilleure isolation thermique des façades, l’utilisation des énergies renouvelables, la prise en compte du cycle de vie des matériaux et une forme plus compacte des constructions.    

Philippe Rahm rappelle que l’architecture c’est "l’art de construire des climats".  

c’est-à-dire ?  

La mission de cette discipline est de "modifier les paramètres physiques du climat pour le rendre habitable pour l’homme".  

A Taïwan, ville au climat subtropical, Philippe Rahm a réalisé un immense parc écologique de 70 hectares qui régule les eaux de pluies pour prévenir les risques d’inondation. Une conception qui se base sur les mouvements du vent, de la chaleur, de l’humidité, de l’air et de la pollution.  

Il travaille aussi à Lyon sur un appartement qui s’empare des qualités atmosphériques de l’espace pour organiser les différentes pièces. Comme la chaleur monte, les chambres sont disposées en bas pour rester au frais. Et c’est l’inverse avec la salle de bain conçue à l’étage.  

Philippe Rahm affirme travailler dans le style "anthropocène" qui s’inspire des enjeux climatiques pour les intégrer au projet architectural. Il viendra nous en parler cet AM dans la terre au carré.  

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