Ce matin dans l’édito carré une exposition sur les ponts à voir en ce moment à Paris : « Giga tours et méga ponts ».

Exposition "Giga tours et méga ponts" à la Cité des Sciences s'interesse à l'art de la construction des ponts. Ici le pont de Millau.
Exposition "Giga tours et méga ponts" à la Cité des Sciences s'interesse à l'art de la construction des ponts. Ici le pont de Millau. © Getty / Michel RENAUDEAU

Il s’appelle Michel Virlogeux. Son nom ne vous dit sans doute pas grand-chose et pourtant vous avez forcément franchi l’un des 200 ponts que cet ingénieur a construits en France et à l’étranger. Parmi les plus célèbres : le pont de l’île de Ré, de Normandie, de Millau ou le troisième pont du Bosphore en Turquie qui est le plus long pont à haubans du monde avec ses 2 164 mètres. 

L’exposition « Giga tours et méga ponts » qui est à voir en ce moment à la cité des sciences vous propose un parcours entièrement numérique pour découvrir le savoir-faire et les prouesses techniques qui se cachent derrière la construction d’ouvrages d’exception.  

La naissance d’un pont doit répondre à des critères qui sont vieux comme le monde.  

Il y a plus de 2000 ans l’ingénieur romain Vitruve posait les bases de l’architecture et de la construction selon trois principes qui sont toujours à l’œuvre: la force et la pérennité (Firmitas) l’utilité (_Utilitas_), et la beauté (Venustas). Aujourd’hui affirme Michel Virlogeux les problématiques actuelles autour de l’écologie peuvent toujours être considérées à travers ce prisme.  

Les ponts n’échappent pas aux préoccupations environnementales ? 

C’est en tous les cas sur le papier un enjeu central avec les questions de construction durable, de quantités de matière utilisées, la prise en compte des risques naturels et des dépenses énergétiques. Tout normalement doit être pensé dans cette optique.  

La construction de ponts en bois et la réhabilitation sont au cœur des nouveaux chantiers et l’environnement même d’un pont doit être pris en considération.  

Lorsque que le chantier d’un pont démarre au-dessus d’un estuaire, il doit faire l’objet de mesures particulières afin de sauvegarder son environnement naturel par exemple pour limiter les perturbations de la circulation d'eau dans les vasières, un lieu de repos privilégié pour les oiseaux migrateurs qui y trouvent leur nourriture à marée basse.  

Mais difficile d’imaginer des ponts totalement vertueux lorsque l’on connaît l’impact environnemental de la production du béton qui est l’une des plus importantes sources de dioxyde de carbone (CO2) à l’échelle mondiale. Il faut donc penser des structures moins gourmandes et construire mieux quitte à faire moins grand ou à réhabiliter ce qui existe déjà.  

Les ponts qui suscitent aussi souvent la controverse… 

Oui, la grande crainte étant de voir les paysages défigurés. Mais lorsque c’est réussi affirme Michel Virlogeux c’est le pont qui fait le paysage. Regardez le viaduc de Millau. L’irruption du monumental dans le paysage et le design de ce pont à haubans ont su trouver leur place dans la vallée du Tarn.  

L’édification d’ouvrages de ponts géants est toujours une exploration des limites, un jeu avec les lois de la construction et une invention qui marque le paysage et la vie au quotidien. C’est ce que raconte cette exposition « Giga tours et méga ponts » à voir en ce moment la cité des sciences à Paris. 

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