En infectiologie, on appelle "cas index" ou "patient zéro" la personne considérée comme étant à l’origine d’une épidémie. Et c’est grâce aux enquêtes microbiologiques et virales de plus en plus précises que l’on peut remonter jusqu’à elle.

En ces temps de coronavirus, cette quête du patient zéro est importante car elle vise à décomposer les chaînes de transmission de la maladie pour étudier la dynamique de l’épidémie, la virulence du virus et les possibles mutations en cours de route.  

Une véritable course contre la montre pour trouver l’individu par qui tout a commencé et qui sans le savoir est devenu une véritable bombe virale ambulante. En Chine, les pistes ont fait remonter à plusieurs personnes dont une marchande de fruits de mer de 57 ans qui travaillait sur le marché de Wuhan et un homme originaire de la même région qui a contracté dès la mi-novembre une pneumonie atypique. 

Dans quel contexte apparaît ce terme de "patient zéro" ? 

C’est l’épidémie de sida dans les années 80 qui a popularisé la notion. Longtemps, le patient zéro de cette épidémie – toujours en cours d’ailleurs – a été un steward québécois. L’homme décédé en 1984 a conservé pendant trente ans son titre de "patient zéro", jusqu’à ce que deux articles en 2016 démontrent que la maladie était apparue à New York au début des années 1970. Des études suggèrent même que la contamination humaine aurait débuté dès les années 1930 en Afrique entre un chimpanzé et un chasseur zaïrois qui aurait été contaminé lors d’une morsure ou du dépeçage de sa proie. 

Le médecin Luc Perino, auteur du livre Patients zéro, rappelle qu’il faut faire attention à ne pas prendre ces personnes pour des boucs-émissaires car les recherches ultérieures peuvent toujours faire remonter plus loin dans le temps et dans l’espace.  

Le terme de "patient zéro" a d’ailleurs été préféré à celui de "patient numéro 1" car le premier patient n’est pas toujours un malade. On le voit avec le nouveau coronavirus et les personnes "asymptomatiques" ou "porteurs sains" qui sont susceptibles de transmettre la maladie alors qu'elles n'en présentent aucun des signes cliniques.

Est ce que le "patient zéro" français a été identifié pour le Covid-19 ? 

Pas encore mais on s’en approche et je vous invite à lire à ce sujet l’article du Monde publiée hier sous la plume des journalistes Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin qui ont eu accès à l’enquête épidémiologique qui remonte la chaine de contamination dans l’Oise où les premiers cas sont apparus. Un véritable polar entre rumeur et secrets militaires sur la piste du mystérieux patient zéro qui remonterait avant que les trois premiers malades chinois officiellement ne soient recensés en France le 24 janvier. 

Les "patients zéro", on en parle tout à l’heure dans le "virus au carré"

  • Légende du visuel principal: Pourquoi rechercher les "patients zéro" ? © Getty / Portra Images
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.