Un édito carré qui nous emmène en Inde ce matin !

Images satellite d'avant et après l'intervention de l'ingénieur Sonam Wangchuk qui depuis 7 ans, érige des glaciers artificiels dans l’Himalaya pour sauver des villages
Images satellite d'avant et après l'intervention de l'ingénieur Sonam Wangchuk qui depuis 7 ans, érige des glaciers artificiels dans l’Himalaya pour sauver des villages © Getty / Maxar Technologies

Extrait Musique

Et cette musique est tirée du film de Bollywood inspiré de l’homme dont je vais vous parler, oui, car c’est un sacré personnage : Sonam Wangchuk. Indien, donc, et ingénieur malin et imaginatif, qui depuis 7 ans, érige des glaciers artificiels dans l’Himalaya pour sauver des villages. Sonam Wangchuk n’en peut plus de voir son Ladakh natal privé d’eau. Cette région reculée à 4000m d’altitude, aussi froide que déserte est touchée par la hausse des températures, comme les sommets grandioses qu’elle regarde : les chutes de neige se réduisent autant que les glaciers reculent, entre 20 et 47% aujourd’hui, privant d’eau les terres et habitants de ces lointaines contrées. Faute de pouvoir cultiver de quoi manger, ils quittent leurs villages à contrecœur direction la plaine et les villes. Mais notre ingénieux Sonam a donc trouvé une parade avec ces glaciers artificiels !

Alors comment ça marche ? 

Il détourne l’eau en très haute altitude pendant les mois d’hiver : elle est acheminée un peu plus en contrebas à travers des conduits, qu’il faut bien entretenir pour qu’ils ne gèlent pas… et au bout du tuyau, l’eau jaillit. Sauf qu’il fait - 20 degrés dehors, donc elle se fige, elle, au contact de l’air, et se transforme en immense sculpture de glace ! Une vraie petite montagne, qui devient réservoir d’eau géant : le plus grand de ces glaciers artificiels, 40m de haut, stocke 9 millions de litres. Qui irriguent les alentours en fondant au printemps, quand il faut s’occuper du blé, de l’orge ou des légumes. Le tout premier, érigé en 2013, au pied d’un monastère, a permis de reboiser les alentours.

Et quel accueil font les populations locales de ces drôles de monuments ?

Alors à part se faire à l’entretien la première année - il parait que ce n’est pas de tout repos – très bon, Nicolas ! D’autant que la forme de ces glaciers artificiels fait penser aux Stupa (stoupa), ces structures bouddhistes en forme de dôme qui renferment souvent des reliques sacrées. Donc même la tradition est là ! Les habitants des villages du Ladakh les voient fondre, ça tient parfois jusqu’à septembre, et s’élever à nouveau, grâce à leur participation : 26 stupas de glace cette année, c’est pas mal ! Mais : 240 millions de personnes ont la vie dure dans l’Himalaya à cause du changement climatique. Généré par les activités des villes, rappelle Sonam Wangchuk. Ces châteaux d’eau glacés sont donc aussi un symbole pour montrer que les actions des uns ont des répercussions sur d’autres pourtant bien loin de tout… Comme dans le village de Kulum, 11 maisons, où il ne reste qu’une seule famille. Désormais équipée d’un glacier artificiel, et qui se met donc à espérer retrouver à nouveau des voisins. 

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