Mathieu ce matin dans l’édito carré, un groupe d’animaux au succès foudroyant…

A eux seuls ils représentent un quart de l’ensemble de la diversité animale, ils ont échappé à toutes les grandes extinctions de masse et chaque année on en découvre de nouveaux spécimens. 

Bienvenue dans l’ordre des coléoptères, ces insectes maousse costaud auxquels appartiennent les scarabées, les coccinelles ou les charançons. 

La revue New Scientist titrait récemment sur la Beetlemania « la Passion coléoptères » pour raconter comment ces bestioles étaient parvenues à dominer le monde. L’article raconte que dans les années 40, à un théologien que l’on interrogeait sur les grandes œuvres de l’esprit créateur, ce dernier aurait répondu : « un penchant excessif pour les coléoptères »…  

A en juger par leur nombre, Dieu doit en effet adorer ces animaux.

Est-ce qu’on sait combien il en existe ? 

Actuellement le nombre d’espèces décrites dépasse les 400 000. Comparé aux 5500 mammifères, aux 10 000 oiseaux et aux 85 000 mollusques, les coléoptères dépassent de loin tous les autres organismes multicellulaires. Mais en réalité ce sont des millions d’espèces qui peupleraient notre planète et pas que des petits calibres puisque certains de ces insectes dépassent allègrement les 16 cm tel le Titanus giganteus. Sa taille exceptionnelle en faisant malheureusement une espèce très prisée des collectionneurs. 

Mais qu’est-ce qui explique le succès de ces coléoptères ? 

Et bien très tôt après leur apparition, au Carbonifère entre 350 et 300 millions d’années, ces animaux se sont diversifiés dans un temps relativement court. Ils ont profité de chacune des opportunités qui s’offraient à eux pour aller squatter tous les milieux. 

Si bien que lors de catastrophes naturelles de grande ampleur, les populations qui disparaissaient à un endroit compensaient les pertes en se reproduisant ailleurs. Malin le scarabée ! 

Les coléoptères sont si flexibles qu’on les trouve même dans les déserts les plus arides. 

Dans les dunes de Namibie où il ne pleut jamais, un petit scarabée possède la capacité extraordinaire de collecter l'humidité du brouillard en levant l'abdomen dans le sens du vent. Cette technique constitue jusqu'à 40 % de son poids corporel !

Mais leur résistance à toute épreuve réside aussi dans leurs élytres, ces ailes dures et cornées qui recouvrent l'aile inférieure à la façon d'un étui. 

L’élytre c’est la cuirasse qui lui permet de se protéger des prédateurs et de bénéficier de nombreux avantages face aux conditions environnementales extrêmes.  

Mais attention, met en garde, le biologiste de l’évolution Fabien Condamine, car même si ces animaux ont triomphé de nombreux stress écologiques au fil du temps, la perte très rapide de leurs habitats, pourrait les mettre sérieusement en difficulté. Dans le sud de la France, le déboisement des forêts de hêtres a fait plonger les populations de hannetons communs qui se nourrissent essentiellement des feuilles des arbres. Le hanneton vous le connaissez, c’est cet hercule de la forêt capable de soulever jusqu'à 400 fois son poids et qui se prend pour un hélicoptère avec son vol très bruyant. 

Son succès évolutif est aujourd’hui menacé en raison de notre désinvolture. 

Mais ces animaux en ont vu d’autres et l’homme devrait se méfier car il pourrait bien disparaître avant ces robustes bestioles.  

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Coléoptère noir que l'on a pu apercevoir en version édulcorée dans "1001 pattes" © Getty / kuritafsheen
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