La gestion des données en ligne après la mort d’une personne est aujourd’hui un véritable enjeu de société. Sujet qui vient de faire l’objet d’une publication de la part de chercheurs de l’Université d’Oxford qui se sont intéressés en particulier à Facebook.

Que deviennent les comptes des personnes décédés sur les réseaux sociaux ?
Que deviennent les comptes des personnes décédés sur les réseaux sociaux ? © Getty / ferrantraite

Selon les analyses de chercheurs de l’Université d’Oxford, d’ici 50 ans le nombre de comptes appartenant à des personnes décédées pourraient dépasser en nombre les comptes des personnes vivantes. Une tendance qui selon les chercheurs aura des implications très importante pour le patrimoine et l’histoire. 

Sur le plan sociétal, il semble que nous découvrions ces questions concernant la nécropole virtuelle et pourtant comme l’écrivent les scientifiques, la gestion de nos vestiges numériques finira par toucher tous celles et ceux qui utilisent aujourd’hui les réseaux sociaux. 

Que faire des données numériques des personnes décédées?

C’est un sujet auquel a été confrontée l’association des correspondants à la protection des données personnelles. Paul-Olivier Gibert, son président rappelle qu’un article de la loi informatique et liberté adopté en 2016 nous permet désormais de donner des directives concernant l’avenir de nos comptes sur les réseaux sociaux exactement comme une disposition testamentaire. 

En effet quelle image voulons-nous laisser de nous à notre mort ? Quels sont les documents que nous voulons transmettre à nos héritiers ou que nous souhaitons au contraire faire disparaître? 

On retrouve dans le monde numérique des préoccupations qui sont les mêmes que celles qui existent dans le monde réel. Facebook a d’ailleurs mis en place pour ses morts la fonction « in memoriam » qui permet de geler un profil. Le défunt ne risque plus par exemple de se retrouver en « suggestion d’amis ». Mais son compte peut rester un lieu de mémoire où déposer des messages et discuter avec les proches de la personne disparue.

Nos vestiges numériques concernent aussi l’autonomie même de nos données qui ont une vie propre après notre mort. 

Et à ce titre les scientifiques d’Oxford suggèrent que Facebook invite les historiens, les archivistes, les archéologues et les éthiciens à participer au processus de conservation du vaste volume de données que nous laisserons derrière nous à notre décès. 

Pour quelles raisons exactement? 

Et bien parce que ces traces laissées par les individus, représentent des archives d’une incroyable richesse pour comprendre notre époque. Dans 150 ou 200 ans, si aucune catastrophe ne s’est produite et si les données sont toujours exploitables, ce sont d’énormes champs d’investigations qui vont être à la disposition des archéologues du virtuel. 

Il faut imaginer que nos descendants pourront découvrir les albums photos ou les vidéos de leurs très lointains ancêtres. Une première dans l’histoire de l’Humanité à cette échelle de temps.

Grâce aux capacités de conservation, de stockage et de traitements des données, ce sont nos empreintes et notre « moi numérique » qui va continuer d’exister. 

Et la masse inédite de données de ce cimetière virtuel va faire le bonheur des chercheurs dans les siècles à venir.

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