Avec 1 million de victimes par an, selon l'estimation de l'Organisation mondiale de la santé, ce fléau mondial suscite de nombreuses recherches. Parmi elles, les moustiques génétiquement modifiés.

C'est une idée qui fait son chemin... Il faut dire qu'avec 1 million de victimes par an le paludisme est un fléau mondial. 40% de la population est exposée au parasite transmis par les moustiques. Des moustiques de plus en plus résistants aux médicaments antipaludiques et aux insecticides.  

L'idée est donc de modifier génétiquement l'insecte pour le rendre inoffensif. Et la technique très prometteuse qui suscite beaucoup d'espoir dans les laboratoires, c'est Crispr Cas 9... Un acronyme barbare qu'on simplifie en parlant de ciseaux génétiques ou ciseaux moléculaires.  C'est un outil puissant qui permet désormais de couper l'ADN à un endroit précis et de le réparer ou le modifier. 

Après des essais réussis sur le moustique responsable de Zika ou du Chykungunya, c'est maintenant sur Anophèle Gambiae, principal vecteur du paludisme en Afrique que la technique montre son efficacité. l'équipe anophèle de l'université de Strasbourg dirigée par  Sandrine Blandin est parvenue à manipuler le génome de cette espèce. 

Des collègues américains ont repéré ces travaux et les ont utilisé pour casser un gène particulier le gène Frep1, essentiel pour le développement du parasite. Si on casse ce gène, le parasite se développe moins bien dans le moustique et le moustique transmet moins bien la maladie.    

Limiter la transmission ou éradiquer les vecteurs

Publié dans Plos pathogens aujourd'hui, cette étude ne peut être directement testée sur le terrain. Notamment parce que le génome d'anophèle gambiae  est plus difficile que d'autres à manipuler. Il faut imagine qu'avec les ciseaux moléculaires vous coupez une séquence et la remplacer ensuite par une autre. Mais tout ça se passe dans l’œuf des moustiques. c'est tout petit. 

On n'a donc pas 100% de réussite. Ensuite, parmi les moustiques modifiés, on regarde lesquels transmettent à leur descendance cette incapacité de transmettre le paludisme.   Une autre technique consiste toujours avec Crispr Cas 9 à faire du forçage génétique. Contrairement aux lois classiques de l'hérédité biologique,on force comme son nom l'indique, on favorise un gène. On, peut ainsi contrôler une population de moustiques en diminuant le nombre de ceux capables de se reproduire.  

Cela a bien marché aux Iles Caïmans par exemple. Mais pour cela, il faut régulièrement faire des lâchers d'insectes. le bénéfice pour la population est évident. Moins d'insecticides, moins de personnes piquées.   Pourtant, cette intervention humaine pose des questions écologiques et éthiques. Quelles sont les impacts sur les autres espèces? Ne va t-on pas provoquer un déséquilibre néfaste à long terme. Toutes ces questions ont été abordées par le Haut conseil de biotechnologies qui  a rendu l'an passé  son avis sur le bénéfices/risques de ces moustiques génétiquement modifiés. 

Un avis de prudence à mettre en regard avec les centaines de millions de dollars actuellement investis sur ces moustiques OGM par la fondation Bill et Mélinda Gates, le trust indien TATA  ou encore la DARPA, le département de recherche de la défense américaine.

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