Ce matin dans l’édito carré vous nous parlez de « tracas neurologiques »

Oui ce sont ces moments insaisissables où le corps déraille gentiment et où notre cerveau se joue de nous. 

Tout au long de notre existence le corps essaye de maintenir un équilibre au travers de ses apprentissages. Et puis bing ! Sans prévenir, arrive une sortie de route avec un hoquet, un fou rire, la chair de poule, ou le rouge qui monte à nos joues. 

Dans un ouvrage épatant qui paraît, le neurologue Laurent Vercueil explore ces micro-incidents pour nous monter ce qu’ils mobilisent dans notre système nerveux et où ils se nichent dans notre cerveau.  

Par exemple ?  

Et bien prenez le royaume du guili-guili où il y a beaucoup à découvrir.

Dans un chapitre intitulé « comment faire rire un existentialiste » vous apprendrez par exemple que des scientifiques mènent des expériences très sérieuses sur les chatouilles des rats en leur passant le bout d’une plume sur le corps afin de localiser les régions les plus sensibles. Une situation guère enviable je vous l’accorde, que les rats manifestent par de petits cris inaudibles pour l’oreille humaine mais qui seraient liés au jeu. 

Chez l’homme il y a un mystère de la chatouille car nous n’avons pas de récepteurs spécifiques. Et puis toutes les zones du corps ne réagissent pas de la même manière. Essayer de vous faire chatouiller la rotule ou le dos du pied, rien ne se passera.  

Au final, l’impact de la stimulation digitale dépend du contexte. Un intime ayant accès à vos zones sensibles peut vous faire hurler de rire. Mais pas l’opportun qui vous chatouillerait contre votre volonté. 

D’autres tracas neurologiques décrit dans ce livre Mathieu ? 

Et bien prenez la chair de poule et les frissons. Ils appartiennent au registre des manifestations corporelles qui échappent totalement à notre volonté mais qui correspondent aux réflexes des petits muscles érectiles du poil : un morceau de musique, la crainte d’être découvert dans sa cachette ou le glaçon qui coule dans votre dos. Les frissons illustrent la polyvalence des circuits neuronaux entre émotions, plaisir et sensations brutes.   

Au palmarès des sons qui donnent la chair de poule : l’insupportable polystyrène qui frotte contre le carton ou l’ongle crissant sur le tableau noir.   

Nicolas est ce vous avez déjà eu le hoquet à l’antenne ? 

Voilà une incongruité du corps dont on se passerait bien. Normalement le hoquet s’évanouit tout seul. Mais pas toujours. Au delà de 48 heures il est considéré comme persistant. 

S’il dure plus de deux mois… oui vous entendez bien, il est qualifié d’« intraitable ». Parmi les méthodes originales validées par la science pour le faire disparaître: l’orgasme a fait ses preuves, ou la masturbation si vous n’avez rien d’autre sous la main ! 

Ca s’appelle « chatouilles et autres petits tracas neurologiques », vous saurez tout également sur l’ennui, le fou rire ou sur le sentiment de situations déjà vécues. 

C’est totalement réjouissant, c’est signé Laurent Vercueil et c’est publié chez Belin. 

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