En biologie, l’évolution fait référence à la transformation des espèces au cours du temps avec de nombreux facteurs physiques, chimiques ou biologiques qui induisent une sélection naturelle à chaque génération.

La phalène du bouleau
La phalène du bouleau © Getty / DeAgostini

Darwin a montré qu’au sein d’une même espèce, ce sont les individus les plus adaptés à leur milieu qui se reproduisent davantage que les autres.

L’évolution en général demande du temps, parfois des millions d’années. Mais il arrive aussi qu’elle se fasse de façon accélérée. L’un des exemples les plus célèbres concerne une espèce de papillon : la phalène du bouleau, un papillon nocturne qui passe ses journées posé sur les troncs ou sur les branches d’arbres. 

Il en existe deux sortes : l’une de couleur claire et l’autre de couleur sombre. En Angleterre, au XIXe siècle, le papillon de couloir noir n’avait jamais été vu dans la région de Londres. Mais à partir de 1905, les entomologistes constatent son apparition soudaine au détriment des papillons de couleurs claires. 

Et que s’est-il passé? 

La révolution industrielle est passée par là entraînant un changement majeur avec la pollution générée par les usines. Les résidus de charbon issus des rejets se sont déposés sur les arbres en assombrissant les troncs et en contribuant à la disparition des lichens. Les papillons de couleur clair qui passaient jusque-là inaperçu sont soudain devenus des amuses bouche très visibles pour leurs prédateurs. C’est ainsi qu’en moins d'un demi-siècle, les activités humaines ont été à l’origine d’une mutation qui a permis aux individus de couleurs noires de devenir majoritaires à proximité des villes anglaises. On parle de mélanisme industriel. 

Mais ensuite au cours du XXème siècle, les efforts déployés pour lutter contre la pollution des usines ont permis d’inverser le phénomène en permettant aux papillons clairs de faire leur retour. Il y a quelques jours, une publication est venue illustrer une autre façon pour l’homme de peser sur l’évolution d’une espèce. Et cette fois-ci cela se passe chez les éléphants… 

Et que montre l’étude ?  

Et bien que ces animaux naissent de plus en plus sans leurs défenses. Et cette mutation génétique serait directement liée au braconnage avec le commerce de l’ivoire. Un phénomène qui est observé sur l’ensemble du continent africain. 

Régis Debruyne, spécialiste de l’évolution des pachydermes, confirme l’implication humaine dans cette sélection artificielle. Même si certains éléphants naissent naturellement sans défense dans la nature ils sont généralement peu nombreux mais ils sont aussi les seuls à ne pas intéresser les chasseurs. Ils vont donc avoir tendance à se reproduire. Ce caractère qui au départ est minoritaire va augmenter progressivement pour être sélectionné. D’où les naissances d’éléphants sans défenses de plus en plus nombreuses. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour ces animaux bien moins adaptés pour survivre dans leur environnement naturel. 

Les papillons et les éléphants sont deux exemples parmi tant d’autres d’évolution rapide et spectaculaire où l’homme court-circuite le processus naturel des choses. On parle dans ce cas de sélection darwinienne artificielle.

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