Vous avez peut-être remarqué un étrange phénomène en faisant vos courses ces dernières semaines : des paquets de sucre déchirés ou débouchés dans les supermarchés. Et donc… invendables.

Les paquets de sucre sont l'une des cibles de ce collectif.
Les paquets de sucre sont l'une des cibles de ce collectif. © Getty / Patcharanan Worrapatchareeroj

Pendant que sur les réseaux sociaux fleurissent les photos de ces paquets restés la gueule ouverte en rayon, ou celles des bouchons solitaires dans des mains anonymes, avec le hashtag #laronce, nom de ce groupe qui veut se transformer, je cite, "en millions d’épines dans le pied des multinationales accusées de détruire le vivant". Pour sa 1ère opération, nom de code "épine sucrée", il a ciblé Beghin Say, Daddy et Saint-Louis, entreprises à l’origine selon La Ronce du retour des néonicotinoïdes dans les champs de betteraves. Les numéros de téléphone de plusieurs responsables des fabricants de sucre ont aussi été publiés hier sur internet.

Et qui est derrière cette Ronce ? 

Impossible de le savoir pour l’instant… Le collectif n’est joignable que par écrit sur une messagerie sécurisée, et c’est avec des voix de robots qu’il répond… Ecoutez un extrait de ce qu’ils m’ont envoyé.

Voilà un mystère totalement assumé qui permet aux épines de la Ronce, (les militants), d’être disent-ils, "intraçables" et "inattaquables", car leurs gestes sont passibles de poursuites. En plus du sucre, ils ont encouragé dans une vidéo à déboucher des bouteilles de Coca, des flacons de Roundup ou même à dégonfler les pneus des SUV. Et ils assument aussi ces actions radicales et clivantes. 

Il y a beaucoup de critiques ?

Oui, sur le vandalisme, et l’inutilité. 55 000 paquets de sucre auraient été dégradés depuis 1 mois, pas de quoi faire trembler les entreprises. Cela dit, le mouvement ne cesse de prendre de l’ampleur, car c’est très facile et tentant pour certains de faire ces petits gestes... et les enseignes commencent à s’en méfier, une note interne de Carrefour par exemple, donnant des instructions de vigilance au personnel a été diffusée. 

La Ronce, elle, se défend en expliquant qu’elle ne porte pas atteinte à l’intégrité des personnes et que le gaspillage n’est rien à côté de ce que ces entreprises font à la planète. Le collectif, français, se dit apolitique, et complémentaire des mobilisations à visage découvert et d’autres groupes de désobéissance civile, comme Extinction Rebellion. Une nouvelle forme d’action pour mettre "un joyeux bordel" écrit La Ronce, mais vous l’aurez compris, le sujet est bien épineux…

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