Je crois même qu’il faut parler sans détour d’un véritable délit de sale gueule à l’encontre des guêpes. C’est donc le moment de réparer cette injustice au micro de la première matinale du pays.

Et si l'on revoyait notre jugement sur les guêpes qui elles aussi jouent un rôle important
Et si l'on revoyait notre jugement sur les guêpes qui elles aussi jouent un rôle important © Getty / Frank Köhntopp

Je pense que la France est prête à regarder d’un œil nouveau la guêpe qui traîne derrière elle une épouvantable réputation. Même si je dois bien reconnaître que ces adorables petites saloperies nous ont bien empoisonné la vie cet été. 

Une étude parue dans la revue Ecological Entomology nous permet de comprendre pourquoi notre lien émotionnel n’est pas le même entre l’abeille et la guêpe alors que ces deux organismes sont tout aussi importants pour la nature.  

Comment explique t-on l’impopularité des guêpes ? 

Pour le savoir, les chercheurs ont interrogé 748 internautes dans 46 pays pour connaître leur perception de plusieurs types d’insectes en leur demandant d’associer 3 mots à chacun d’entre eux. Pour les abeilles ce sont les mots « miel » et « pollinisation » qui ressortaient. Plutôt positif. En revanche pour les guêpes ce sont les mots « dangereux » « agaçant » et « piqûre » qui étaient les plus cités. Beaucoup moins flatteur.  

Les chercheurs ont ensuite voulu quantifier le nombre d’articles scientifiques consacrés aux abeilles et aux guêpes depuis 1980. La proportion est de 35% pour les guêpes et 65% pour les abeilles ! Les guêpes sont donc beaucoup moins étudiées par les entomologistes. D’où sans doute notre méconnaissance et notre manque de compréhension concernant leur rôle dans les écosystèmes. L’abeille écolo jouit d’une très bonne réputation alors que les guêpes nous rendent autant de services en pollinisant les fleurs et nos cultures.  

Est ce que notre aversion pour les guêpes s’expliquent par d’autres facteurs ? 

Les guêpes ont la fâcheuse tendance à s’inviter dans nos repas lorsque l’abeille elle s’en soucie comme d’une guigne. Et ça, on ne leur pardonne pas. Les guêpes sont pot de colle, elles adorent le sucre pour puiser de l’énergie et la viande destinée à leurs larves. L’abeille elle se contente du nectar des fleurs et ne vient pas se mêler de nos agapes. Les rencontres sont donc plus fréquentes avec les guêpes ce qui augmente les chances de se faire piquer. 

Pour autant, les guêpes font l’objet, comme les abeilles, d’un déclin rapide et inquiétant. Il est donc urgent pour les scientifiques d’en protéger la diversité. Et elle ne manque pas. Les guêpes comptent plus de 6.000 espèces. Et figurez-vous que parmi elles se trouve le plus petit insecte du monde. 

Il s’agit d’une minuscule guêpe parasite qui ne mesure que 0,17 mm. Une vraie taille de guêpe ! Signe que cet insecte mal aimé possède aussi des atouts pour devenir la nouvelle star chez les hyménoptères… 

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