Un nouveau fléau : la pollution lumineuse... Et pour en parler partons d’abord pour l’Asie du Sud-Est. Direction Singapour. Cette mégalopole impressionnante est en effet considérée comme la ville la plus lumineuse sur terre.

Sauver la nuit de la pollution lumineuse
Sauver la nuit de la pollution lumineuse © Getty / Kim Westerskov

La nuit y est si claire que l’œil des Singapouriens n’éprouve pas la vision nocturne. Il y règne un jour permanent comme en Scandinavie pendant l’été sauf qu’il s’agit d’un jour artificiel. 

Mais ne blâmons pas trop vite cette ville car selon l'Atlas mondial de la pollution lumineuse, 60 % des Européens et 80 % des Américains ne peuvent plus voir la Voie lactée à l'œil nu. À l'échelle mondiale, c’est un tiers du globe qui n’est plus en mesure de distinguer la voûte céleste. 

Si vous habitez la région parisienne vous devrez parcourir plusieurs centaines de kilomètres et vous rendre en Corse, dans les Cévennes ou en Ecosse pour trouver les premiers territoires où le ciel nocturne ne sera pas affecté au zénith par cette pollution. Le monde se trouve donc confronté à une guerre des étoiles d’un nouveau genre : celle qui vise à reconquérir l’obscurité. 

C’est ce qu’écrit le géographe Samuel Challéat dans un ouvrage qui parait chez Premier Parallèle et qui s’intitule Sauver la nuit.

Et qu’est ce qui caractérise cette pollution ? 

Et bien selon le Dictionnaire de l’Académie française, il s’agit d’une émission excessive de lumière due aux activités humaines et qui en modifiant l’obscurité normal de la nuit, gêne les astronomes dans leurs observations, perturbe la faune et la flore, affecte les rythmes biologiques chez certaines personnes et entraîne un gaspillage d’énergie. 

A la nuit tombée, ce sont donc d’innombrables sources de pollution lumineuse qui abolissent l’obscurité naturelle. 

Sont particulièrement visés : les enseignes publicitaires, les vitrines de magasins, les bureaux allumés mais aussi les écrans de nos ordinateurs et de nos smartphone…

Donc vous l’avez compris non seulement toutes ces sources de lumière nous enlèvent le plaisir de regarder les étoiles mais le manque d’obscurité est aussi dangereux pour la santé humaine et animale.

Et que sait-on à ces sujets ? 

Les scientifiques qui étudient les répercussions sur le vivant observent par exemple que l’excès de lumière et l’absence d’alternance entre le jour et la nuit désorientent les oiseaux migrateurs, perturbent les pollinisateurs nocturnes comme certains papillons de nuit mais bouleversent aussi l’horloge biologique des humains en inhibant la production de mélatonine (l’hormone du sommeil) et en provoquant des troubles de l’endormissement. 

C’est la raison pour laquelle Samuel Challéat milite pour la mise en œuvre d’un « réseau écologique sombre» en ville comme dans les campagnes. Car rappelle t-il le vivant a fondamentalement besoin d’obscurité et cette dernière doit être perçue comme une ressource commune. 

Notez qu’après demain aura lieu partout en France « Le Jour de la nuit » une opération de sensibilisation à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé. Et on en parlera cet après-midi dans la Terre au Carré

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