Indécent, scandaleux, effroyable, les adjectifs ne manquent pour qualifier le transport des animaux vivants.

Les incidents qui n’ont cessé de se multiplier cet été nous ont rappelé l’inacceptable martyr de milliers d’animaux voyageant chaque année sur les routes ou sur les mers d’Europe

En juillet dernier, 57 vaches françaises ont été bloquées pendant 10 jours à la frontière turque sans eau ni alimentation et sous des températures caniculaires.

Au moment où je vous parle, plus de 800 vaches et 260 brebis naviguent en mer sur un cargo parti de Sète le mois dernier et qui a connu des avaries sur ses moteurs. Résultat : les animaux vont passer plusieurs semaines éprouvantes avant leur arrivée à Beyrouth.

Inutile de vous préciser qu’une vache sur un bateau, ça n’a pas le pied marin à fortiori à bord de navires où elles sont entassées dans des box de taille réduite dans la chaleur, l’humidité, les excréments et les odeurs d’ammoniac. Les conditions sur de très longues distances sont abominables et elles entraînent chaque année la mort de plusieurs milliers de bêtes.

Et que dit la législation européenne sur ce sujet ?

Et bien, elle autorise par exemple le transport des animaux à une température maximum de 30°C, avec une tolérance de 5°C ! On croit rêver. Quel être vivant peut supporter de parcourir plusieurs milliers de kilomètres à 35°C ? Les normes européennes sont la plupart du temps ignorées et violées.

Des ONG comme CIWF et Eyes On Animals ont pu s’en apercevoir cet été en prenant en filature un convoi parti de la Loire à destination de la Turquie avec à son bord 275 jeunes bovins. 3.200 kilomètres dans la canicule et un carnet de route en infraction concernant les temps de pause et la longueur du trajet.

Il n’est pas rare dans certains cas que des femelles gestantes donnent naissance à leurs petits dans les camions et finissent par en mourir

Les ONG dénoncent le manque de suivi passé la frontière européenne. 

Et quelle est la position de la France concernant le transport des animaux ? 

Notre pays est le premier exportateur de bovins vivants dans et hors Union européenne et compte bien le rester. Il va envoyer cette année 200.000 animaux en Turquie. 

Le calvaire va donc continuer pour ces bêtes sans qu’il y ait de négociation sur les conditions de transport. Et le problème est le même avec de nombreux pays.

Autant vous dire que le plan sur le bien-être animal présenté il y a quelques jours par le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travert a été perçu comme un lamentable coup de comm’ par les ONG.

Ces dernières militent pour l’interdiction pure et simple du transport des animaux vivants hors de l’Union Européenne et pour de véritables mesures dans la loi Agriculture et alimentation qui passe mercredi en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. 

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En juillet 2017, un accident de la route renverse un camion de transports de marchandises, près de Linz dans le nord de l'Autriche. Le camion transportait à lui seul plus de 7 000 volailles vivantes. © AFP / FOTOKERSCHI.AT / KERSCHBAUMMAYR / APA
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