Je suis sûr que vous conservez dans la tête le souvenir d’une cabane car parmi les jeux d’enfance, ces abris tiennent une place à part… La cabane revient donc sur le devant de la scène à la faveur des questions environnementales et du développement durable.

Cabane faite des branchages ramassés dans les bois
Cabane faite des branchages ramassés dans les bois © Getty / Peter Lourenco

L’étymologie du mot signifie « petite maison » comme le rappelle dans son ouvrage « De la nécessité des cabanes »  le philosophe Gilles Tiberghien, qui précise cependant que contrairement aux maisons, les cabanes sont des désordres organisés qui répondent à des besoins immédiats. 

La construction d’une cabane n’obéit à aucun ordre, elle est faite de matériaux très différents les uns des autres, souvent des rebuts, des choses abandonnées trouvées sur place. La forêt étant le lieu par excellence des cabanes. 

Pour Dominique Bachelart, Maîtresse de conférences en sciences de l’éducation, les cabanes ont une infinité de formes qui offrent un habitat intime et éphémère tout en faisant découvrir l’architecture modeste. Et il se pourrait même que notre amour du plein air et de la nature se forme dans notre petite enfance avec les cabanes…

Ces constructions résonnent donc aujourd’hui avec les préoccupations écologiques…

La cabane est une manière transformée « d’habiter la nature » et de vivre la grande expérience de l’extérieur. 

Elle constitue un habitat de secours qui brouille le rapport entre l’intérieur et l’extérieur. La cabane a le pouvoir d’étendre indéfiniment l’espace et rappelle Dominique Bachelart, elle permet de « se suffire à soi-même, de subvenir à ses besoins et de pouvoir y survivre ». On y éprouve « la sensation d’une petite tribu qui s’adapte à la saison pour trouver ses ressources, s’essayer à la conservation des aliments, découvrir des goûts, des saveurs ». 

L’art de se nicher dans le paysage fait vivre l’exaltation et l’inconfort de cette vie qui consiste à habiter la nature.

Les enfants y découvrent aussi les prémices de savoirs naturalistes en observant la morphologie et le comportement des espèces. 

En ville, la nature est encadrée, contenue dans des espaces réduits. Mais les adultes gardent en eux des souvenirs d’une vie rurale expérimentée dans l’enfance et ils rêvent parfois de bâtir des maisons dans les arbres, de se loger – le temps des vacances – dans des cabanes de plein air au milieu d’une nature bien souvent idéalisée. 

Il existe aussi des cabanes en ville

Celles des sans-abris, de plus en plus nombreuses, où ils peuvent espérer dormir en paix. Des cabanes qui, le rappelle l’historienne Marielle Macé, peuvent être également politiques. 

Des cabanes synonymes de résistance contre le démantèlement d’un écosystème comme à Notre-Dame-des-Landes ou de lutte contre la dégradation des conditions de vie pour les gilets jaunes. Faire des cabanes, écrit-elle, dans toutes sortes de territoires pour imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé. 

Nous avons donc tous besoin de construire des cabanes conclue Gilles Tiberghien qui sera mon invité cet après-midi dans la Terre au Carré

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