Mathieu Vidard évoque un fléau qui concerne un tiers de la population mondiale… Un problème chronique qui peut sournoisement toucher chacun d’entre nous et qu’il faut avoir le courage de combattre. Levons ensemble le tabou de l’halitose, ce mot scientifique qui désigne pudiquement la mauvaise haleine !

Oui, un problème chronique qui peut sournoisement toucher chacun d’entre nous et qu’il faut avoir le courage de combattre. Levons ensemble le tabou de l’halitose, ce mot scientifique qui désigne pudiquement la mauvaise haleine !

Un sujet certes délicat mais à considérer sans détour, tant ce phénomène peut devenir un handicap majeur, source d’isolement et de raillerie.  

La mauvaise haleine concerne quasiment la moitié de l’humanité et cela sans distinction sociale, ce qui constitue un de ses rares motifs de satisfaction. Vous pouvez donc avoir atteint les plus hauts sommets du pouvoir et posséder une haleine de chacal.

Ainsi, le bon roi Henri IV  avait la réputation d’avoir une haleine à terrasser un bœuf. Notre vert-galant grand amateur de gibier, vouait paraît-il un amour immodéré à un pâté parfumé à l’ail et aux oignons. Sa passion pour les bulbes était si grande qu’il en croquait toute la sainte journée, convaincu de leurs vertus aphrodisiaques. Tu parles ! Il puait comme une charogne et les effluves de sa bouche indisposaient tout autant la Cour que ses nombreuses et courageuses conquêtes féminines. 

Et qu’est ce qui est à l’origine de cette odeur incommodante  ? 

Et bien dans 95% des cas, vous fouettez de la carafe parce que vous avez une mauvaise hygiène bucco-dentaire. 

Charles Micheau, docteur en chirurgie dentaire, a fait de la mauvaise haleine sa spécialité et ceux qui trouillotent du goulot viennent le voir de tout le pays pour retrouver la fraîcheur de vivre. 

Charles Micheau explique qu’il faut imaginer la surface de la langue comme un tapis-brosse sur lequel s’accumulent les bactéries et les débris alimentaires. 

Le tout forme un dépôt blanchâtre à l’origine de composés sulfurés volatils. 

Ce sont ces gaz de la plaque dentaire qui sont relargués et qui donnent à votre bouche cet air de marécage redoutable et tenace.   

Sont également en cause les abcès, les problèmes de gencives et les caries non traitées. Mais aussi les sinusites aigües qui provoquent la fermentation du mucus nasal, les reflux gastriques, le tabac et la prise de certains médicaments. 

Et l’halitose se soigne facilement ? 

Mais oui et la première chose à faire est bien sûr de courir chez le dentiste pour un diagnostic. Bizarrement d’ailleurs, les professionnels de la fraise et de la roulette ne le proposent pas spontanément. 

Un détartrage soigneux devrait vous permettre de terrasser votre odeur de chou putréfié plutôt que de faire appel à tous les cache-misère comme les chewing-gum et autres bains de bouche. 

Vous pouvez aussi vous inspirer des empereurs chinois qui exigeaient de leurs visiteurs qu’ils mâchent des clous de girofle avant de s’entretenir avec eux. En revanche laisser tomber le brossage de la langue. L’association dentaire française déconseille, à la stupeur générale, ce geste pouvant mettre en danger l’équilibre naturel des bactéries protectrices. 

L’halitose n’est donc plus une fatalité et une simple consultation peut parfois délivrer d’années de déprime et de regards en coin, comme en témoignaient naguère les membres de l’association de l’haleine retrouvée.  

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La mauvaise haleine concerne quasiment la moitié de l’humanité © Getty / Planet Flem
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