Ce matin dans l’édito carré, on s'intéresse à l’impact des vents solaires sur notre planète

La mythologie grecque aura eu beau se décarcasser pour nous inventer des histoires de jeune héros allant se brûler les ailes en s’approchant un peu trop près de notre étoile, les hommes restent d’indécrottables rêveurs qui ne reculent devant rien pour aller chatouiller les rayons de notre astre solaire. 

Et qu’importe les mises en garde divines, les agences spatiales ont mis au point des sondes conçues pour approcher le soleil à la plus faible distance jamais enregistrée. 

Après le lancement de Parker Solar Probe en 2018, c’était donc au tour hier de la sonde européenne Solar Orbiter de s’envoler pour étudier le fonctionnement, l’atmosphère et les turbulences à la surface de notre étoile.

Car même si le soleil est un astre très banal parmi les milliards d’autres brillant dans l’univers, il a quand même quelque chose de très particulier : la présence d’une planète, la nôtre, sur laquelle s’est développée une vie complexe.

Alors pourquoi envoyer des sondes s’aventurer aussi près de la fournaise ?

Pour tenter de percer l’un des plus grands mystères de la physique : à savoir la différence de température entre la couronne solaire, cette flamboyante chevelure qui peut-être visible pendant les éclipses et la surface du soleil. 

La chevelure peut en effet atteindre 1 million de degrés alors que la surface ne dépasse pas les 6000 degrés Celsius ! Comment cette atmosphère extérieure qui s'étend sur des millions de kilomètres peut-elle être plus chaude que le « radiateur » qui est censé lui fournir son énergie ? C’est comme si l’air entourant votre feu de cheminée était plus brûlant que la flamme. Ce paradoxe déroute les scientifiques. 

Mais c’est aussi dans la couronne solaire que se forment des éruptions et des rafales de vents soufflant entre 300 et 800 kilomètres par seconde….

Et les deux sondes qui filent en ce moment comme des bolides de formule 1 vers le soleil souhaitent en savoir plus car ce phénomène est encore mal connu alors même qu’il a un impact important sur la Terre.

A quoi faites-vous allusion ? 

A la longue liste des dégâts qu’ont déjà engendrés les sautes d’humeur du soleil sur notre planète. 

En 1859 la plus violente tempête solaire de l’histoire de l’humanité avait brouillé tout le réseau télégraphique. C’est la première fois qu’on établissait un lien entre l’activité solaire et les perturbations géomagnétiques sur Terre.

En 1989, le Québec a été plongé dans le noir pendant neuf heures pour les mêmes raisons. Et en 2011 une éruption solaire a interféré avec les communications radios et les signaux GPS des avions long-courrier.

Avec l’omniprésence des technologies, une éruption solaire de très grande intensité aujourd’hui pourrait avoir de lourdes conséquences.

Les chercheurs doivent donc mieux comprendre le fonctionnement de notre étoile afin d’anticiper ses éternuements intempestifs. 

Le soleil et la Terre, l’histoire d’un vieux couple, ce sera l’un des sujets cet AM dans la Terre au carré.

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