Alors que l’on célèbre, en ce moment, les 500 ans de sa mort, retour, ce matin, sur ce trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité dont aurait été atteint Léonard de Vinci.

Leonard de Vinci
Leonard de Vinci © Getty / Mansell/The LIFE Picture Collection

Alors que la mythologie entourant Léonardo est toujours aussi puissante, un article paru il y a quelques jours dans la revue Brain prétend compléter le portrait du grand inventeur italien. 

Le professeur Marco Catani, chercheur au King’s College de Londres, suggère en effet que Léonard de Vinci présentait les caractéristiques typiques du trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité connu sous le nom de TDAH

Le professeur de psychiatrie affirme que l’artiste toscan qui a produit certaines des œuvres les plus emblématiques du monde, aurait eu en réalité beaucoup de difficultés à les terminer. 

Et sur quoi s’appuie t-il pour le démontrer ? 

Sur des comptes rendus historiques et des récits concernant ses pratiques de travail qui montrent que l’artiste aurait passé beaucoup de temps à planifier des projets mais qu’il aurait singulièrement manqué de persévérance. 

Un trouble qui aurait commencé dès son enfance puisque selon les éléments biographiques, Léonard de Vinci ne tenait pas en place et aurait eu l’esprit très dispersé.

Plus tard, des artistes ayant travaillé avec lui, des mécènes et même le Pape Léon X ont fait état de comportements erratiques et de projets inaboutis. 

Mais paradoxalement, cette hyperactivité a pu également contribuer à son extraordinaire créativité. D’ailleurs, l’aspect le plus caractéristique mais aussi le plus perturbant de sa personnalité semble avoir été sa curiosité vorace qui a pu le stimuler tout en le distrayant. 

L’étude du professeur Catani précise d’ailleurs que la Joconde serait dans sa peinture l’exemple d’une œuvre incomplète. Comme quoi, parfois, il n’est pas nécessaire de trop pousser pour rencontrer le succès. 

Le déficit d’attention de De Vinci aurait donc aussi été la clef de son talent ?

Oui, car comme le rappelle le pédopsychiatre Gabriel Wahl, auteur d’ouvrages sur les enfants et les adultes hyperactifs, si les personnes qui présentent ce trouble manquent de l’endurance nécessaire à la poursuite d’études laborieuses, dès lors qu’on leur offre de la passion, du mouvement et du rythme, elles peuvent s’épanouir dans de nombreux projets et même exceller si tenté qu’on laisse libre cours à leur sens de la créativité. 

Et on le sait, Léonard de Vinci a multiplié les activités et les projets dans le domaine des arts et de la science.

Alors, bien sûr, cet exercice qui consiste à faire de la psychiatrie rétrospective sur des personnages célèbres comporte des limites scientifiques avec des interprétations qui peuvent être très aléatoires. D’ailleurs, le professeur Catani déclare lui-même qu’il est impossible de poser un diagnostic post-mortem sur une personne qui vivait il y a 500 ans.

En France, 4 % des enfants en âge scolaire et 3 % des adultes seraient TDAH. Et parmi eux, se cache sans doute un Léonard de Vinci moderne qui ne demande qu’à terminer le portait de Mona Lisa. 

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