Le point sur le braconnage de la faune sauvage. Que représente-t-il ? Quels sont les moyens pour lutter contre ce dernier ?

Défense d'éléphant à côté d'une pile de défenses brûlées par les autorités
Défense d'éléphant à côté d'une pile de défenses brûlées par les autorités © AFP / John WESSELS

La scène se déroule à Abidjan la semaine dernière. A l’occasion de la journée internationale de la vie sauvage, le gouvernement ivoirien organisait une impressionnante opération de communication en faisant incinérer devant la population plus de trois tonnes d’écailles de pangolin saisies par l’unité de lutte contre la criminalité transnationale (UCT). 

Cette cérémonie visait à marquer les esprits et à contribuer à la lutte contre le trafic illicite d’espèces protégées. 

Le pangolin étant aujourd’hui l’animal le plus braconné au monde. 

Pas plus tard qu’hier on apprenait également qu’au Kenya, l’unique girafe blanche femelle du monde avait été tuée avec son petit. Ces animaux sont extrêmement rares et après cette disparition, il ne reste plus qu'une seule girafe blanche en Afrique.

Ces animaux symbolisent à eux seuls le fléau du braconnage. 

Et que représente le commerce illégal d’animaux ? 

Et bien selon WWF, ce business rapporterait plusieurs milliards d'euros par an aux réseaux qui l'orchestrent. L'estimation des revenus tirés du trafic des espèces sauvages le place au quatrième rang des activités criminelles les plus lucratives, après le trafic de drogues, de contrefaçons et d'êtres humains.

Ces bandes très organisées et armées jusqu’aux dents, n’hésitent pas à opérer dans des territoires protégés ou emblématiques, comme les réserves naturelles, les parcs nationaux ou les sites classés par l’Unesco. Et plus les espèces sont rares précise WWF, plus leurs produits dérivés sont convoités, accentuant dans le même temps leur probable disparition. 

Les éléphants d’Afrique, mais aussi les lions sont parmi les grandes victimes du braconnage tout comme les rhinocéros dont il reste moins de 28 000 individus sur la planète. Les cornes de ces animaux sont vendues jusqu’à 60 000 dollars par kilos sur les marchés asiatiques.

Et quels sont les moyens d’enrayer le braconnage ? 

L’information de terrain est primordiale pour tenter de démanteler les filières et certains pays comme le Kenya se sont carrément inspirés des méthodes de la lutte antiterroriste pour protéger les grands mammifères menacés. 

Les initiatives sont basées sur le recueil d’information auprès des communautés locales pour identifier les suspects, leur localisation et leur rôle supposé dans le réseau.

La lutte passe aussi par la formation de rangers locaux, des gardes armés, ou par la pose de capteurs directement sur les animaux afin de suivre leurs déplacements. 

Les campagnes de sensibilisation sont aussi indispensables pour inciter les consommateurs à changer leurs comportements. 

Et tous ces efforts mis bout à bout semblent porter leur fruit. L’augmentation des patrouilles, l’amélioration des moyens de surveillances couplés avec la coopération internationale a fait ses preuves par endroit. Ainsi, l’Afrique du Sud qui abrite 80% de la population mondiale de rhinocéros, a réussi à réduire de 23% le nombre de ses animaux tués en 2019. Selon les statistiques officielles dévoilées en février 594 rhinocéros ont été abattus l’année dernière. On est certes loin du quota zéro, mais la tendance est à la baisse.

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