... Et n’imaginez pas qu’on va y aller en apnée ou même avec des bouteilles, car ce récif de corail se trouve à 556 mètres sous la surface de l’eau (soit 1,5 tour Eiffel), à l’extrême nord de l’Australie.

Nous sommes donc là, tout au fond, et devant nos yeux s’étend un récif de corail… Il est gros, 1,5 km de large mais ce n’est pas sa base qui va le plus nous impressionner. Levez donc les yeux : il s’élève, encore, et encore, et encore, et encore, jusqu’au sommet, 500m plus haut, on est presque arrivés à la surface ! Et nous venons de gravir une immense tour de corail, la plus haute jamais découverte

Qui a trouvée cette immense tour de corail ?

Une équipe de scientifiques financée par le Schmidt Ocean Institute, du nom d’Eric Schmidt (milliardaire, ancien PDG de Google), dont le bateau-labo et ses robots cartographient les fonds sous-marins depuis un an… Et le 20 octobre dernier, les chercheurs sont tombés par hasard sur ce récif isolé. 

Une nouvelle relayée avec plaisir, parce que ça n’était pas arrivé depuis 1800 de tomber sur un récif isolé aussi remarquable, et parce qu’en général, quand on parle Grande barrière de corail, c’est pour dire qu’elle va très mal (et c’est vrai  – une étude nous disait à peine quelques jours plus tôt que la moitié des coraux avaient disparu ces 25 dernières années, à cause du réchauffement climatique en particulier, il ne faut pas l’oublier). Mais une bonne nouvelle, franchement, on ne va pas se priver !

Est-ce qu’on peut zoomer sur cette gigantesque tour de corail ?

Oui, d’ailleurs avis aux amateurs, les images du robot sont en ligne, presque 3h de plongée. Le fond est plutôt marronnasse, mais on aperçoit des concombres de mer, une seiche irisée, un escargot de mer (très venimeux)... Et plus on monte vers la lumière, mieux on voit les couleurs, bien sûr : apparaissent d’énormes coraux orangés, c’est magnifique… Il y en a des noirs aussi, des violets, au milieu desquels se baladent des petits et plus gros poissons : requins,  crapaud de mer, et juste là un poisson sanglier. Il y a aussi un poisson trompette pas loin du sommet, pendant que les clowns se cachent dans leurs anémones… Un vrai spectacle cette plongée !

Et je signale que la même mission avait repéré au printemps, dans une autre zone, la plus longue créature jamais observée, un siphonophore de 45 mètres de long !! Organisme qui ondule tel une guirlande lumineuse dans les profondeurs sous-marines. Comme quoi, et heureusement, la planète nous réserve parfois de bonnes surprises ! 

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