Ce matin dans l’Édito Carré : maîtriser la météo à la demande…

Le 22 août dernier, on apprenait que des agriculteurs mexicains de la région de Puebla avaient eu raison de la firme Volkswagen en obligeant le constructeur automobile à stopper l’utilisation de ses canons anti-grêle. Les jours d’orage en effet, Volkswagen avait pour habitude d’utiliser ces canons pour dissiper les nuages et protéger ses véhicules stationnés sur d’immenses parkings en plein air. Sauf que ce procédé qui produit des ondes de choc dans l’atmosphère est aussi accusé par les agriculteurs d’avoir ruiné leurs récoltes en provoquant une sécheresse

En France, ces grêlifuges existent dans certaines régions agricoles pour limiter la taille des grêlons. Sauf que personne n’a confirmé l’intérêt de ces canons bruyants qui sèment souvent la zizanie.

A contrario, il existe des technologies visant à faire tomber la pluie en ensemençant les nuages à l’aide de produits chimiques. En 2008 souvenez-vous, avant la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, les Chinois avaient employé cette technique histoire de vider les nuages avant qu’ils ne se déversent sur Beijing (Pékin). 

Et c’est aussi la Chine qui travaille actuellement sur un gigantesque projet de milliers de cheminées censées provoquer des précipitations sur le plateau tibétain en manque d’eau. La danse de la pluie n’est donc toujours pas passée de mode…

Et est-ce que cette technique a prouvé son efficacité ? 

Depuis qu’il est apparu à la fin des années 40 aux États-Unis, pour lutter contre la sécheresse, l’ensemencement a été utilisé par de nombreux pays. Faire pleuvoir au-dessus des têtes en plein le désert restant le plus grand défis à relever pour l’homme sorcier lassé des incantations.  

Mais la projection dans les nuages de chlorure de sodium, d’iodure d’argent ou de neige carbonique, a obtenu jusqu’à maintenant des résultats plutôt mitigés. Et le rendement de ces méthodes n’a toujours pas été validé par la communauté scientifique. Dans la plupart des cas, il est impossible de démontrer que l’expérience a apporté plus d’eau qu’il n’en serait tombée sans aucune intervention

La pluie est un phénomène variable et compliqué à maîtriser, alors obtenir des gouttes d’eau à la demande relève de la prouesse… N’est pas grand manitou qui veut. 

Mais quel est l’intérêt de ces technologies alors ? 

L'intérêt est de faire croire que l’homme peut modifier la météo à sa guise avec ces méthodes artificielles. D’ailleurs ces technologies font écho à ce qu’on appelle la géo-ingénierie qui a pour ambition de limiter le réchauffement climatique en recourant à tout un arsenal technologique.

À l’heure où le climat ne cesse de se dérégler et où des phénomènes extrêmes comme les sécheresses risque de se multiplier, la tentation pourrait être grande d’investir dans ces « solutions techniques » qui ne font que contourner les vrais problèmes, en nous dédouanant face aux transformations spectaculaires et durables du temps ou du climat dont nous sommes les premiers responsables.

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Depuis les années 40 certains industriels envoient des produits chimiques dans les nuages pour précipiter la pluie... © Getty / George Rose
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