Aujourd’hui 12 avril, c’est la journée internationale du vol spatial habité.

En référence au premier vol humain accompli en 1961 par le cosmonaute russe Youri Gagarine. 

Et drôle de parcours que celui de ce fils de Moujik qui a l’âge de 27 ans fût le premier bipède à découvrir notre planète depuis l’espace. Son voyage n’aura certes duré que 108 minutes mais grâce à lui Homo Sapiens s’arrachait pour la première fois de l’attraction terrestre. 

« Le vol de Gagarine a offert une envolée à l’humanité entière » titrait le quotidien Russüskaïa Gazeta en 2011 pour le 50 ème anniversaire de l’exploit. 

Du côté des russes c’était gloire et romantisme. Alors que pour les américains c’était plutôt camouflet et tirage de tronche. Il faudra attendre 8 ans pour la revanche lunaire. 

En attendant, pour le jeune Gagarine, tout bascule le temps d’une orbite autour du globe. C’est pourtant par le plus grand des hasards que cet apprenti fondeur avait été choisi pour devenir le héros de la Russie. 

Il n’était pas du tout destiné à ça ? 

Non vraiment pas car Youri Gagarine est devenu cosmonaute avec l’équivalent d’un BAC - 5 et très peu d’heures de vols. 

Korolef, le responsable militaire du programme spatial cherchait la perle rare en déclarant :

« Je veux des aigles, pas des dégonflés » !

Et c’est d’abord à sa petite taille que Gagarine doit d’avoir été sélectionné parmi 3000 pilotes. 

Avec son mètre 58 et ses 70 kilos il avait en effet les mensurations idéales pour tenir dans la capsule spatiale toute rikiki. 

Au fil des sélections, il se distingue par son intelligence, sa mémoire et sa concentration. 

Mais tout se passe dans le plus grand secret. Sa propre femme n’étant même pas au courant de la nature exacte du programme. 

Sur le mode « Chérie à tout à l’heure je descend chercher des clopes », c’est par la radio que Mme Gagarine apprend que son mari est allé faire le tour de la terre ! Mieux valait d’ailleurs que la pauvre femme ne soit pas informée des risques encourus par son cobaye de mari car rétrospectivement le risque d’échec de la mission était de 54% ! Youri n’avait donc qu’une chance sur deux de revenir déguster sa recette de chou farci !  

Le retour a été triomphal ?

Totalement délirant avec une liesse populaire qui se repend partout où Gagarine débarque. 

Lorsque qu’il arrive en France en 63 dans le cadre de sa tournée mondiale, tout le monde veut le toucher. Yves Gauthier, auteur d’une biographie sur Gagarine, raconte qu’à Paris ceux qui parvenaient à lui serrer la main, répandaient virtuellement le contact du cosmonaute en touchant les mains des autres badauds qui n’avaient pas eu la même chance qu’eux. Jésus Christ superstar ! 

Il y a 50 ans Gagarine décédait lors d’un vol d’entrainement dont les causes réelles n’ont toujours pas été publiées officiellement.  

Le cosmonaute reste en Russie le plus grand motif de fierté nationale. Dans un pays qui voue un véritable culte à l’espace, ce 12 avril, raisonne encore au son du décollage de Vostok 1.

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Youri Gagarine en juillet 1961 © Getty / Terry Disney
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