C’est peu de dire que la question de l’utilisation des animaux pour la recherche biomédicale est un sujet de haute crispation entre les scientifiques d’un côté qui affirment qu’elle est incontournable et ses opposants de l’autre qui dénoncent les souffrances inutiles en brandissant l’existence de solutions alternatives

On assiste depuis quelques semaines par médias interposée, à des échanges tendus entre les deux camps à coup de tribunes et de pétition.  

Qu’est ce qui a relancé le débat ces dernières semaines ? 

Et bien c’est le chercheur et biologiste Marc Peschanski qui a poussé un coup de gueule en septembre dernier dans les colonnes du Point, en affirmant que seul le passage sur un organisme vivant permettait de tester les effets et les réactions d’un médicament dans l’organisme. Et de rappeler que les scientifiques ne torturent pas les animaux et que toutes les expérimentations animales étaient très codifiées avec notamment la règle des 3 R de la Directive Européenne qui impose de Remplacer dès que possible, Réduire le nombre d’animaux et de Raffiner les méthodes pour limiter la souffrance animale.

Le 30 novembre, dans une tribune de Libération intitulée « Assez de caricature sur l’expérimentation animale », 400 chercheurs enfoncent le clou en estimant que de très nombreuses découvertes et progrès médicaux n’auraient jamais été possibles sans le recours à l’expérimentation animale. Ils fustigent au passage les techniques de communication de groupuscules déguisés en lanceurs l’alerte.    

Plutôt qu’un obscur groupuscule, c’est un collectif de chercheurs clairement identifiés qui a répondu hier toujours dans Libération, sous le titre « La science a bon dos ». Parmi eux une philosophe, une neurologue, un agronome ou un professeur de droit qui dénoncent l’utilisation de modèles animaux en soulignant que le remplacement des êtres vivants est un enjeu pour la science et qu’au sein même des institutions de recherches, les souffrances, les mutilations ou les sacrifices représentent une source de malaise dont on parle rarement. 

Est ce que des alternatives existent à l’expérimentation animale ?

Et bien c’est là, le nœud du problème et de la controverse. Car des solutions existent et des méthodes alternatives se révèlent très efficaces dans des domaines comme la toxicologie ou la pharmacologie. Le recours aux cellules souches, la création de mini-organes ou de peau artificielle, l’impression 3D peuvent servir de modèles alternatifs pour étudier certaines pathologies humaines. Mais il semble que l’immobilité, les réticences au sein de la communauté scientifique et les faibles budgets alloués aux solutions alternatives font de la France un des mauvais élèves de l’Europe face à ses voisins anglais, allemands ou néerlandais beaucoup plus offensifs. 

En attendant que des moyens conséquents soient consacrés à ces méthodes et qu’un vrai dialogue s’installe de toute part, deux millions d’animaux sont toujours utilisés chaque année à des fins de recherche dans les laboratoires. 

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Ne peut-on trouver d'alternative à l'expérimentation animale ? © Getty / Shanelle Hulse / EyeEm
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