Ce matin dans l’édito carré, la science des embouteillages.

Oui et à l’heure où nombreux d’entre vous commencent déjà la semaine les nerfs à vif collés au pare-choc de votre voisin, sachez mes amis que la science ne vous oublie pas. 

Et ce sont les mathématiciens et les physiciens qui compatissent le plus à vos cauchemars d’automobilistes en travaillant sur des équations susceptibles de désengorger les pires situations. 

L’idée étant d’étudier la circulation à l’échelle macroscopique en la comparant à un fluide : l’autoroute c’est le tuyau dans lequel s’écoule le fluide. 

Le travail consiste donc à visualiser l’ensemble du bouchon depuis le flux d’entrée des véhicules jusqu’aux contraintes à la sortie. Ces modèles sont capables de dire comment le trafic va évoluer dans l’espace et dans le temps pour mieux gérer l’écoulement des véhicules. C’est utile pour nous informer du temps de parcours à prévoir. 

Mais cela reste limité en raison des évènements imprévus comme les accidents ou les comportements des conducteurs. Trouver de vraies solutions reste donc un défi.

Mais qu’est-ce qui est à l’origine d’un bouchon la plupart du temps ? 

En dehors des accidents et des travaux qui ne représentent que 13% des embouteillages, il s’agit d’infimes perturbations d’origines humaines. 

Il suffit qu’un conducteur donne un simple coup de frein pour que l’onde se propage aux voitures qui suivent et engendre un ralentissement généralisé. Cet effet cascade se produit lorsque la densité est supérieure au seuil critique de 25 à 40 véhicules par kilomètre. Et cela s’appelle un embouteillage fantôme. 

Et pourquoi est-ce que ça roule toujours mieux sur la file d’à côté ? 

Oui alors Nicolas, il faut oublier ça tout de suite. Car ça n’est que de l’ordre du ressenti psychologique. Sur l’ensemble d’un bouchon il n’y a aucune file qui roule mieux qu’une autre. Mettez-vous bien ça dans le crâne ! 

Et rien de pire que les automobilistes qui s’amusent à changer de file toutes les deux minutes en croyant gagner du temps ! Ce  comportement ne fait qu’aggraver le ralentissement !... amis auditeurs ne croisez jamais Nicolas Demorand sur l’autoroute !  

Bon d’accord et des solutions il y en a quand même ? 

Oui on peut par exemple jouer sur les limitations de vitesse lorsque le nombre de véhicules est trop important. 

On peut aussi décongestionner une entrée d’autoroute pour réduire le flux de voitures. 

Et puis des expériences ont fait leurs preuves : la ville de Rotterdam a par exemple expérimenté la rémunération des automobilistes qui décalent leurs horaires et ne prennent pas leur voiture aux heures de pointes. Résultat : le trafic a baissé de 5 à 10%. 

En ce qui concerne les applications de navigation routière attention aux effets pervers. Elles peuvent, certes vous éviter un bouchon, mais aussi faire connaître l’enfer sur terre à des lieux autrefois paisibles et qui deviennent d’horribles itinéraires de délestage. 

Figurez-vous Nicolas, que –encore une fois- la solution pourrait venir des fourmis ! Les embouteillages n’existent pas chez elles ! Des études ont même montré que chez les fourmis, plus il y a d’individus sur une route et plus ça circule vite ! C’est à n’y rien comprendre !

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Les scientifiques travaillent sur des équations pour améliorer la circulation et éviter les embouteillages © AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
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