Si l’annonce de la reprise de l’école cette semaine a suscité beaucoup d’inquiétude chez les parents, nombreux sont les enfants à avoir également manifesté de l’anxiété en pensant à leur retour en classe.

Étrangement, l’annonce du déconfinement apparaît pour les plus jeunes comme un catalyseur négatif en raison de l’absence de perspectives rassurantes 

Ainsi s’exprimait, le 5 mai dernier, le pédopsychiatre Richard Delorme dans les pages du journal Le Monde. Il se disait même inquiet de la persistance d’un stress chronique. Car si l’annonce de la reprise de l’école cette semaine a suscité beaucoup d’inquiétude chez les parents, nombreux sont les enfants à avoir également manifesté de l’anxiété en pensant à leur retour en classe. 

Avec cette pandémie, les spécialistes en santé mentale de l’enfant ont tous fait le même constat : le confinement est une situation à risque avec des retentissements prévisibles sur le plan psychologique. Il est donc important de surveiller dès maintenant les signes de stress et d’anxiété. 

Quels sont les signes à surveiller chez les enfants ?

Si par exemple vous n’arrivez pas à raisonner votre enfant en lui rappelant tous les avantages du retour à l’école, s’il pleure au sujet de la classe, s’il s’énerve, s’il a du mal à s’endormir, s’il ne veut plus écouter les Barbatrucs de Dorothée Barba, s’il grignote sans arrêt, qu’il est irritable ou qu’il se colle derrière son ordinateur, ces signes témoignent certainement d’un mal-être. 

En Chine, une étude réalisée auprès de 2300 élèves du primaire après 30 jours de confinement montre que :

  • 37% d’entre eux étaient inquiets d’être atteint par le virus, 
  • 22% manifestaient des symptômes dépressifs 
  • et 19% montraient des symptômes anxieux significatifs. 

Ces résultats suggèrent de porter une attention accrue à la santé psychologique des plus jeunes et de bien observer tout comportement inhabituel. 

Pourquoi le pédopsychiatre Richard Delorme affirme-t-il que les enfants ont été les grands oubliés de la crise sanitaire

D’abord parce que dès le début de l’épidémie, le regard porté sur eux était très négatif puisque les enfants rappelle le pédiatre étaient alors considérés comme vecteurs importants du virus. En raison de cette suspicion ils ont été confinés les premiers de façon très radicale avec la fermeture des écoles. Et ensuite, on ne les a simplement plus vus. La plupart sont en effet très peu sortis de chez eux. 

Le confinement représente une période plus ou moins bien vécue par les plus jeunes face à des parents souvent sidérés par la situation. Ce qui pose des problèmes actuellement c’est l’absence de perspectives positives malgré le déconfinement notamment dans les zones rouges. 

La situation reste stressante, il faut apprendre et respecter les gestes barrière et on ne sait pas si l’on pourra partir en vacances. L’important est donc de retrouver des perspectives en faisant des projets même s’ils sont incertains. Et pour les enfants qui continuent à ne pas aller à l’école il est essentiel de réintroduire une quotidienneté et s’entraîner à sortir de nouveau dehors avec le masque pour montrer que la vie continue. 

Les plus jeunes et le déconfinement nous y reviendrons cet après-midi dans le Virus au carré

Une petite fille a mis un masque sur sa poupée
Une petite fille a mis un masque sur sa poupée © Getty / Anton Petrus
  • Légende du visuel principal: Pourquoi les enfants ont-ils été si peu pris en compte dans la gestion de la crise ? © Getty / StockPlanets
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