On s’intéresse au profil de ces jeunes qui s’engagent pour le climat. Depuis la première "grève de l'école" engagée par la militante Greta Thunberg, très vite devenue le symbole de ce combat écologique. Depuis, les mobilisations en matière de climat se multiplient. Comment définir ces jeunes militants écologistes ?

La jeune militante pour le climat, Greta Thunberg, accompagnée d'autres jeunes Britanniques, à Bristol (UK) lors de Grève étudiante pour le climat, février 2020
La jeune militante pour le climat, Greta Thunberg, accompagnée d'autres jeunes Britanniques, à Bristol (UK) lors de Grève étudiante pour le climat, février 2020 © AFP / GEOFF CADDICK

Nous sommes le lundi 20 août 2018 à Stockholm devant le Parlement suédois. C’est le jour de la rentrée scolaire. Et pourtant, la jeune et inconnue Greta Thunberg décide de ne pas prendre le chemin de son collège afin d’entamer sa première "grève de l'école pour le climat. 

Depuis ce sont des centaines de milliers d’élèves qui l’ont suivie à travers le monde avec les « Fridays for future »

Greta devait d’ailleurs être présente demain à Grenoble et samedi à Paris pour les nouvelles marches françaises mais elle ne sera finalement pas présente pour raisons familiales. 

En attendant, et alors que les mobilisations se sont multipliées, des sociologues du collectif Quantité Critique, ont tenté de brosser le portrait de ces jeunes qui s’engagent, l’objectif étant de dépasser la caricature du « bobo urbain». 

Pour comprendre cette mobilisation les chercheurs ont utilisé un questionnaire qui leur a permis de récolter 1364 réponses à Paris, Lille et Nancy.

Et qu’est-ce qui ressort de leur étude ? 

Les résultats montrent d’abord que ce sont les jeunes femmes qui sont majoritaires dans ces mobilisations puisqu’elles représentent 64 % des personnes interrogées. L’autre enseignement majeur est que ces jeunes sont massivement issus des classes supérieures. 72 % d’entre eux ont au moins un de leurs parents appartenant à la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures. 

Comme leurs aînés, ils se positionnent à la gauche de l’échiquier politique et ils adhèrent aux mêmes valeurs, comme l’anti-capitalisme ou le soutien à l’accueil des réfugiés

Ces manifestations n’arrivent donc pas à mobiliser les classes populaires avec un taux très faible d’enfants d’employés et d’ouvriers. Mais conclure au désintérêt de ces catégories pour l’écologie serait une erreur précisent les sociologues. Leur conscience dans ce domaine pouvant trouver d’autres formes d’expression. Les chercheurs rappellent d’ailleurs que pour des raisons budgétaires, le mode de vie des classes populaires est bien plus écologique que celui des catégories aisées. Elles prennent par exemple beaucoup moins l’avion et surveillent plus leur consommation d’énergie. 

Est-ce que les jeunes qui se mobilisent revendiquent une forme de radicalité ? 

Elle apparaît assez relative dans cette enquête avec 29 % des participants qui considèrent que le changement doit passer par une action révolutionnaire. Et même si 47 % d’entre eux ont déjà pris part à des actions de désobéissance civile, plus des deux tiers refusent de soutenir des actions provoquant des dégâts matériels. 

On apprend en outre que la colère des jeunes manifestants n’est pas tant dirigée vers les générations antérieures que vers la classe dirigeante jugée incapable d’agir face à l’urgence climatique.

En résumé, ce travail sociologique nous montre que la jeunesse qui s’engage pour le climat, n’est pas une jeunesse unifiée en raison de l’absence des jeunes issus des classes populaires. Et qu’à rebours de l’image de « fracture générationnelle » les jeunes présents dans ces manifestations ressemblent en réalité fortement à leurs aînés. 

SUIVRE ►►► Les jeunes mobilisés pour le climat, on en parle cet après-midi dans "La Terre au carré".  

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