Ce matin dans l’édito carré une expédition scientifique dans la ville la plus haute du monde.

La Rinconada, au Pérou : il s'agit de la ville la plus haute du monde, située à  5 100 m d'altitude, dans la cordillère des Andes.
La Rinconada, au Pérou : il s'agit de la ville la plus haute du monde, située à 5 100 m d'altitude, dans la cordillère des Andes. © Getty / SOPA Images

Bienvenue à la Rinconada au Pérou. Altitude : 5300 mètres ! Population : 50000 habitants. 

Cette localité accrochée à la cordillère des Andes est sur notre planète la seule ville permanente à si haute altitude. En janvier prochain, une équipe de chercheurs de l’INSERM va s’installer dans ce lieu extrême pendant plusieurs semaines afin de comprendre comment des êtres humains peuvent vivre dans des conditions aussi peu tolérables pour l’organisme. 

Car même si 140 millions de personnes à travers le monde vivent à plus de 2500 mètres d’altitude et que l’on trouve des villages permanents entre 3500 et 4000 mètres, les scientifiques n’imaginaient pas trouver un jour des humains vivant toute l’année au-dessus de 5000 mètres.

A cette altitude l’air contient en effet moitié moins d’oxygène qu’en plaine. Et c’est justement pour étudier les effets du manque d’oxygène sur la santé que l’équipe emmenée par le biologiste Samuel Vergès va étudier les mécanismes physiologiques qui permettent aux habitants de la Rinconada de travailler, d’accoucher pour les femmes ou de grandir pour les enfants. 

Mais pourquoi les habitants de cette ville se sont-ils installés si haut ? 

Pour l’exploitation des mines d’or. Il s’agit de l’économie principale de la région et malgré les conditions de vie infernales, sans chauffage ni eau chaude, la ville s’est rapidement développée au début des années 2000. 

Les chercheurs vont réaliser sur place un « phénotypage génétique, biologique et cardiovasculaire exhaustif » pour comprendre comment la population a développé des capacités extraordinaires d’adaptation mais aussi pourquoi ¼ des personnes présentent des pathologies spécifiques à la haute altitude. Car le syndrome de mal chronique des montagnes frappe de nombreux habitants qui ne supportent pas ce manque d’oxygène, qu’on appelle également « hypoxie ». Cet état se traduit par des essoufflements, des problèmes de circulation sanguine, vertiges, maux de têtes et nausées. 

Le moindre effort entraîne là-bas l’épuisement immédiat.

Rien de très agréable lorsque ces symptômes vous accompagnent au quotidien. 

Afin d’identifier les mécanismes à l’œuvre dans l’hypoxie d’altitude, les chercheurs vont choisir des volontaires en bonne santé et d’autres manifestant le syndrome du mal chronique des montagnes. Ils seront comparés à des populations de Lima située au niveau de la mer et de Puno à 3800 mètres. Les scientifiques tenteront ensuite de trouver des traitements pour atténuer les manifestations du syndrome. 

Est ce que ces travaux pourraient aussi servir en plaine ? 

Oui et les retombées en santé publique sont nombreuses, par exemple pour les personnes souffrant d’insuffisance respiratoire. Cette expédition pourrait également permettre de préparer les futurs voyages de longue durée dans l’espace où les conditions d’oxygénation sont particulièrement difficiles. 

En attendant souhaitons bon courage aux quinze scientifiques français et italiens qui vont devoir eux même endurer les conditions extrêmes de la haute altitude pour faire de la science perchés à 5300 mètres !  

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