Un tournedos Rossini façon cellules souches, ou une estouffade de bœuf in vitro caramélisé ?

Le "Frankenburger" sera-t-il la star du barbecue du futur ?
Le "Frankenburger" sera-t-il la star du barbecue du futur ? © Getty / TEK IMAGE

Voilà en tous les cas, la promesse de la Silicon Valley : celle de nous faire manger, avant 30 ans, de la viande entièrement cultivée dans des laboratoires.

Parmi les nababs de l’aliment technologique figurent Bill Gates et Richard Branson qui ont investi dans Memphis Meats, une star-up spécialisée dans la fabrication de « viande propre ».

L’eldorado absolu pour tous les phobiques de la bactérie et adorateurs du berlingot d’eau de javel

L’ambition pour nos anges gardiens du T-Bone est de relever le défi environnemental, mettre fin à la souffrance animale, préserver la santé des hommes, et nourrir 10 milliards de personne à l’horizon 2050.

Et quel est le secret de fabrication de la viande artificielle ?

Cette viande synthétique est élaborée à partir de cellules animales vivantes, cultivées pendant 4 à 6 semaines. Tout l’art réside dans le choix de cellules capables de donner saveur, texture et arôme à la viande recherchée.

Et les résultats sont au rendez-vous puisque les enfants spirituels de Mac Donald’s sont parvenus à fabriquer en un an, de la viande de bœuf, du poulet et du canard.

Pour le moment, les coûts restant trop important, rien n’est sorti des labos, mais plusieurs géants de l’agro alimentaire sont déjà dans les starting-block pour concocter à leur tour, la viande du futur dans un contexte de consommation en net recul.

C’est une vraie tendance de fond actuellement ?

Oui et elle n’est pas prête de s’arrêter. Selon le sociologue de l’alimentation Eric Birlouez, la viande artificielle s’inscrit dans un mouvement général de prise de conscience du bien être animal, de l’épuisement des sols et de préoccupations sanitaires.

La bidoche n’a plus la cote et les courbes le montrent. Le désamour en France a commencé dès le début des années 80, seize ans avant le scandale de la vache folle ! Au cours de cette décennie, on ne pense pas qu’à danser sur Billie Jean, le walkman sur les oreilles, on entend aussi les recommandations des nutritionnistes qui déconseillent de manger trop de viande.

En 2015, le classement par l’OMS de la charcuterie, comme aliment cancérogène, jette un nouveau pavé dans la mare.

Pour autant les irréductibles gaulois vont-ils se jeter sur le steak synthétique ? Rien n’est moins sûr. Toujours selon Eric Birlouez, 3 raisons psychologiques et culturelles risquent de bouter le bœuf artificiel hors de France.

La viande garde d’abord une place centrale dans le repas tricolore

Les Français sont moins ouverts à l’innovation alimentaire que d’autres pays et puis les aliments artificiels nous donnent des poussées d’urticaire dans une période où le retour au naturel et au produit authentique prédominent.

Jean Pierre Coffe, que tes lancés de saucisses soient sanctifiés !

Les milliardaires peuvent donc miser gros pour sauver la planète, le Frankenburger, comme l’appellent les septiques de la cellule souche, n’a pas encore traversé l’Atlantique !

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