Un cas d’école concernant les mammouths : il est aujourd’hui au cœur d’une situation inédite en raison du commerce de ses défenses en ivoire, certains pays comme Israël demandent que le mammouth laineux pourtant disparu depuis plus de 3500 ans, soit classé comme espèce en voie d'extinction.

En raison du commerce de son ivoire, certains pays demandent à ce que le mammouth, pourtant disparu il y a 3500 ans, soit classé comme espèce en voie d'extinction.
En raison du commerce de son ivoire, certains pays demandent à ce que le mammouth, pourtant disparu il y a 3500 ans, soit classé comme espèce en voie d'extinction. © Getty / DE AGOSTINI PICTURE LIBRARY

Cette proposition peut sembler étrange, mais ce pourrait être une solution pour que cet animal puisse bénéficier des mêmes protections réglementaires que les lions, les ours polaires ou les requins baleines. 

La convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction - la Cites- n’a pour l’instant pas voulu voter cette proposition. 

Et pourquoi les défenses de mammouths sont elles aussi prisées ? 

Et bien parce qu’elles ressemblent à s’y méprendre aux défenses d’éléphants qui elles font l’objet d’une interdiction internationale de leurs commerce depuis 1989. Et même si l’ivoire d’un mammouth est considéré de moins bonne qualité que des défenses récentes d’éléphants, c’est un substitut non négligeable. 

Il faut dire qu’avec le réchauffement climatique, ce sont des quantités astronomiques de carcasses qui sortent de la glace principalement en Russie et dans une moindre mesure au Canada et en Alaska. Un véritable eldorado pour les chasseurs de mammouths qui viennent du monde entier pour se servir. 

Et le marché est très juteux puisqu’une défense se vend à peu près à 1770 euros le kilo. Lorsque que l’on sait qu’elle pèse en moyenne 45 kilos, cela vous fait la défense Nicolas… à 80000 euros. Une paire en excellent état de conservation peut même atteindre les 270 000 euros. 

Au cours de la dernière décennie la demande en ivoire d’éléphants de la Chine a explosé et malgré l’interdiction du commerce et de la vente dans ce pays, elle a déclenché une flambée du braconnage en Afrique. 

Le problème c’est que l’ivoire d’éléphant est désormais souvent vendue illégalement en tant qu’ivoire de mammouth.

En 2017, raconte La revue Popular Science, un antiquaire basé à New-York a été condamné pour avoir vendu des défenses sculptées de mammouth alors qu’il s’agissait en réalité de défenses d’éléphant.

C’est la raison pour laquelle certains écologistes et décideurs politiques poussent à réglementer le commerce de défenses de mammouths comme s’il s’agissait d’une espèce vivante en voie de disparition.

Est-ce que cela à des chances d’aboutir…

Cela semble compliqué pour le moment car il faudrait prouver que ce commerce d’ivoire de mammouth menace directement la survie des éléphants. Preuve qui n’a pas encore été apportée. Et les opposants à cette proposition pensent au contraire qu’en inondant le marché de défenses de mammouth de Sibérie, on pourrait sauver l’éléphant d’Afrique du braconnage. 

Pour l’explorateur Bernard Buiges, ce serait une erreur d’interdire la vente des défenses de mammouth qui finissent par pourrir et qui apportent des ressources aux populations locales. Il ajoute que les carcasses retrouvées sont très précieuses pour la connaissance scientifique puisqu’elles permettent d’étudier des mammifères sur une période de 40000 ans. 

Bernard Buiges nous racontera tout cela cet après-midi dans la Terre au Carré. 

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