L’étude choc concernant les effets de maïs OGM sur des rats avait provoqué une tempête médiatique en 2012. Personne n’a oublié les photos de ces animaux monstrueux avec leurs tumeurs grosses comme des balles de ping-pong.

Maïs OGM
Maïs OGM © Getty / Adam Gault

Le 19 septembre 2012, la revue américaine Food and Chemical Toxicoloy publiait les résultats d’une expérimentation menée par le biologiste français Gilles-Eric Séralini sur la toxicité à long terme de l'herbicide Roundup et du maïs OGM NK 603 de la société Monsanto montrant que les rats en ayant consommé, présentaient d’énormes tumeurs et une espérance de vie réduite… Une véritable bombe. 

Le même jour, le Nouvel Observateur publiait en exclusivité le scoop scientifique avec à sa Une écrit en gras et sur fond d’épis de maïs « Oui les OGM sont des poisons ». Le poids des mots et le choc des photos ! 

L’étude avait créé un tremblement de terre…

Elle a aussi été très vite critiquée pour sa faiblesse et ses lacunes en particulier sur le trop faible effectif de groupes de rats utilisés. S’en est suivi une véritable guerre de tranchée entre Gilles Eric Séralini et une partie de la communauté scientifique. 

Ce retentissement planétaire a eu pour conséquence de lancer plusieurs programmes de recherche qui ont été financés par l’Europe et la France dans le but d’évaluer la toxicologie des plantes génétiquement modifiées pour l’homme ou l’animal. En tout 15 millions d’euros ont été investis dans ces études qui au passage ont coûté la vie à des milliers de rats de laboratoires.

Les OGM sont-ils poisons, finalement ?

Ces études, qui sont au nombre de quatre, en arrivent aux mêmes conclusions : rien à signaler sur la santé des rats. 

La dernière de cette série de publications est française et elle est sortie lundi dans la revue Toxicologie Sciences. Pendant six mois, les rats ont été nourris, soit avec du maïs OGM, soit avec du maïs non OGM et cela à différentes concentrations. L’étude conclue par une absence d’effets délétères même pour de longues périodes d’exposition. Les OGM ne sont donc pas des poisons sur les deux types de maïs testés, le 810 et le 603.

Pour le professeur de toxicologie Bernard Salles qui a coordonné l’étude française, la vraie question à se poser désormais est celle de l’utilité réelle des plantes génétiquement modifiées et de leurs effets sur les écosystèmes

Avant-hier, le Parlement européen a adopté une proposition de loi visant à rendre plus transparente l’évaluation des pesticides et des plantes transgéniques avant leur autorisation de mise sur le marché. Il s’agit d’une conséquence directe de la pétition citoyenne « Stop Glyphosate » lancée l’année dernière.

En attendant que ce texte soit voté, on attend de voir si les dernières études qui mettent un point final à l’affaire Seralini vont faire autant de bruit qu’il y a 6 ans. 

On peut déjà en douter et conclure que l’intoxication des rats a surtout été médiatique.  

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