Elle s’appelle Atrax Robustus et possède un redoutable venin, et on la présente comme l’araignée la plus meurtrière pour l’être humain. Nous sommes en Australie et il y a quelques jours une alerte a été lancée sur Facebook par le Reptile Park de Somersby en Nouvelle-Galles du Sud en raison de sa possible prolifération.

L'araignée australienne Atrax Robustus
L'araignée australienne Atrax Robustus © AFP / Adam Fletcher / Biosphoto

Suite aux conditions météorologiques qui affectent le pays depuis plusieurs semaines, des spécialistes ont déclaré craindre une invasion de cette araignée connue sous le nom de « toile entonnoir ». Oui bon je sais s’appeler « entonnoir » quand on est une créature réputée super dangereuse ça fait pas très sérieux. Enfin…

Chaque année lorsque le climat devient plus humide, cette adorable arachnide qui mesure entre 1 et 5 cm, quitte son terrier le cœur léger pour se trouver un partenaire sexuel et mordre au passage une quarantaine de personnes. Régulièrement des campagnes de prévention sont donc organisées pour informer les australiens des risques encourus. 

Pour ceux qui voudraient s’entrainer pour Fort Boyard, on peut même apprendre à la capturer à l’aide d’une cuillère et d’un bocal. 

Avec les incendies en Australie, cette araignée venimeuse aurait proliféré ?

C’est en tous les cas ce qu’a laissé entendre Daniel Rumsey du Reptile Park. Mais selon la spécialiste française des araignées Christine Rollard qui travaille au Muséum National d’Histoire naturelle, cette annonce reprise en boucle par les médias du monde entier a été montée en épingle. 

S’il est exact que les incendies ont pu modifier le cycle de reproduction de cette araignée en l’obligeant à se rapprocher des habitations, la psychose d’une invasion est à laisser au rayon des films d’horreur

Quant aux risques de mourir sous ses crocs puissants, ils sont très faibles puisque Atrax Robustus n’a tué que 13 personnes en 60 ans, un sérum ayant été trouvé au début des années 1880. 

Signalons quand même qu’avec les incendies, une autre espèce d’araignée australienne, "Zephyarchaea austini" aurait totalement disparu de l’île Kangourou où elle vivait. Christine Rollard précise que les araignées ont souvent une aire de répartition très limitée et elles qu’elles peuvent disparaître avec la destruction de leurs milieux. Et les araignées, comme les oiseaux ou les insectes, enregistrent actuellement partout dans le monde une baisse importante de leur population. 

En France, le changement climatique modifie-t-il aussi les déplacements des araignées ? 

Oui : Christine Rollard raconte que de nombreuses espèces qui vivaient dans le Sud de notre pays se sont déplacées vers le Nord. C’est le cas de l’"Argiope Frelon" une araignée méditerranéenne noire et jaune que l’on trouve désormais dans le Nord de la France et même en Belgique où elle coule des jours heureux. Rassurez-vous : les mygales dans nos jardins en France métropolitaine ça n’est pas pour demain. 

Si ces histoires d’araignées vous terrifient, sachez que Christine Rollard organise au Muséum des stages de désensibilisation pour les personnes arachnophobes  qui sont, paraît-il, très efficaces. Elle sera l’invitée cet après-midi de la Terre au carré que vous présentera Camille Crosnier. 

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