Une étude qui apporte un nouvel éclairage sur le rôle des femmes à l’âge du bronze…

Et l’on doit ce travail en particulier à une discipline qui s’appelle « la paléogénétique »… Ah !!! L’horrible gros mot si tôt le matin alors que vos yeux perçoivent à peine le bout de votre biscotte beurrée.

La paléogénétique c’est facile, s’occupe de récupérer l’ADN de restes fossiles dans le but de reconstituer l’histoire des êtres humains, des animaux ou des plantes ayant vécu dans le passé.

Pour faire frétiller de joie un paléogénéticien, il vous suffit de lui offrir des ongles ramollis, du poil bien terne, des dents gâtées ou des os tout rongés. Bref tout ce qui vous tombe sous la main mais de préférence très vieux et très poussiéreux. Il en fera à coup sûr des miracles.

Et c’est en l’occurrence grâce à des dents et à des os que des chercheurs allemands ont révélé des informations sur les déplacements des femmes entre 2500 et 1600 avant JC.

Et contrairement aux idées machistes largement répandues, les femmes pouvaient voyager sur des centaines de kilomètres pendant que les mâles repus à la bouillie de céréales ne bougeaient pas d’un iota. Je vous rappelle pourtant qu’à l’âge du Bronze Télé Foot n’existait pas encore !

Et c’est grâce aux dents qu’on peut le savoir ?

Oui car la génétique permet de lire dans l’émail, presque comme dans le marc de café. C’est en procédant à l’analyse isotopiques de molaires de 84 humains ayant vécu près d'Augsbourg en Allemagne, que les chercheurs ont pu retracer l’itinéraire des individus de sexe féminin en identifiant les traces d’eau ou d’aliments fixées dans leurs dents ! Une véritable machine moléculaire à remonter le temps. On découvre ainsi que dans cette zone de l’Allemagne, les 2/3 des femmes venaient de loin, probablement de Bohême ou de l'Allemagne centrale, alors que les bons hommes n’avaient pas évolué au-delà de leur lieu de naissance.

Ces femmes ont aussi joué un rôle moteur dans la culture en apportant avec elles de nouvelles technologies et de nouvelles idées.

Bien que déjà très occupées à faire des enfants – un par an en moyenne à cette époque- elles ont voyagé dans des charrettes tirées par des bovins et ont contribué à la diffusion de certaines techniques de céramiques.

Beaucoup de femmes de l’âge du bronze maitrisent parfaitement l’art de la poterie.

Et pourtant ce sont les hommes qui font figure de potiche dans cette histoire !

Ils ne bougeaient vraiment pas de chez eux à cette époque?

Si bien sûr, mais lorsque Monsieur âge du bronze daigne sortir de chez lui c’est pour expérimenter sa nouvelle passion pour la violence. Son cerveau devient très binaire : hémisphère droit : la chasse, hémisphère gauche : la guerre. C’est le début de la course aux armements !

Les femmes elles préfèrent voyager en paix et transmettre de la culture et des idées, foi de molaires.

Morale de cette histoire : pensez à bien vous brosser les dents le matin, si votre route croise un jour par hasard, celle d’un paléogénéticien…

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