Ce matin, balade dans un célèbre cimetière londonien ! Celui de Highgate, dans le nord de la capitale anglaise, où reposent George Michael depuis 2016 ou Karl Marx depuis 1883…

Cimetière de Highgate
Cimetière de Highgate © Getty / Alex Segre

Il y a des buissons et des fleurs sauvages partout dans les allées, au milieu des grands arbres derrière les beaux murs en pierre et l’impressionnante entrée néo-gothique de l’aile ouest, la plus ancienne, où la première tombe fut creusée en mai 1839. Mais ce cimetière serait à son tour aux portes du trépas. 

Une lutte entre nature et monuments, d’après le jardinier en chef, qui s’inquiète de phénomènes inédits dans les sentiers aussi bucoliques que mystiques

De quels phénomènes parle-t-on ? 

Tenez-vous bien… 

De la teigne processionnaire du chêne (une chenille ravageuse), du chancre bactérien du frêne, ou encore de l’Hymenoscyphus fraxineus, champignon qui cause le flétrissement de ces mêmes frênes… 

Bref, des maladies et parasites beaucoup plus nombreux au cours des cinq dernières années : Franck, le jardinier de Highgate, n’a jamais vu ça. 

La faute à quoi ? Au changement climatique, qui permet à ces nuisibles de proliférer, en raison de la hausse des températures en particulier… 

L’un des arbres les plus emblématiques des lieux, un grand cèdre du Liban, vieux de 300 ans, a même dû être abattu l’an dernier, infesté de champignons ! Sans parler des sols qui bougent et font vaciller ou fissurent certains monuments. 

April, l’horticultrice, explique à la BBC que l’alternance d’épisodes de sécheresse, de pluies torrentielles, et de vent, rend les arbres plus vulnérables, pendant que les ronces et le lierre gagnent du terrain, donnant une allure mi-sauvage mi-désolée au cimetière. 

Et y a-t-il une raison au fait que Highgate soit particulièrement touché ? 

Les lieux sont fragilisés par des années de négligence... Les propriétaires ont abandonné le vieux cimetière dans les années 70, parce qu’il n’était pas rentable, ne bénéficiant d’aucune aide publique. Et laisser la place à la vie sauvage – c’est une réserve naturelle pour beaucoup d’oiseaux notamment – est un choix, qui malheureusement se retourne contre lui aujourd’hui. 

Alors ses gardiens, une association d’habitants du quartier désormais, celle des "Amis du cimetière", ses gardiens donc, lancent un concours, pour que paysagistes et architectes repensent Highgate : un plan complet sur 20 ans pour les aider à gérer la flore, les nombreux arbres auto-semencés, et à planter certaines essences plus adaptées, et complémentaires, aux bons endroits.

Le cimetière est une remontée du temps jusqu’à l’époque victorienne, mais c’est bien dans le futur qu’il se projette pour anticiper les évolutions à venir, et y résister. Afin que monde sauvage et sépultures survivent ensemble et en harmonie… peut-être pas pour l’éternité, mais au moins plusieurs dizaines d’années ! 

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