Ce matin dans l’édito carré, des virus dans le vent.

Oui Nicolas pour vous parler d’une étude qui vient d’être publiée par des chercheurs américains et espagnols et qui raconte qu’un nombre étonnant de virus circulent à chaque instant au-dessus de nos têtes. 

Tout a commencé il y a 20 ans lorsque ces scientifiques ont observé que des virus génétiquement similaires, pouvaient se retrouver à des milliers de kilomètres de distance. Ils avaient  émis à l’époque l’hypothèse du transport par les airs. 

Pour vérifier cette hypothèse, ils sont allés installer récemment deux collecteurs dans les Montagnes de la Sierra Nevada en Espagne, à 2500 et 3000 mètres d’altitude. Et c’est là, dans ces « filets à papillons », qu’ils ont découvert des milliards de virus et des dizaines de millions de bactéries.

Tout se passe dans la troposphère, cette couche de l’atmosphère terrestre dans laquelle nous vivons et qui peut monter à plus de 10 kilomètres. 

Dans cette zone, circulent les avions et on y trouve la plupart des phénomènes météorologiques comme les nuages et les orages. Et c’est dans les vents que sont  transportés ces virus. Les chercheurs sont même parvenus à les quantifier. 

Et ils sont donc très nombreux ?

C’est le moins qu’on puisse dire puisque chaque jour plus de 800 millions de virus au mètre carré sont aéroportés au-dessus de la couche limite planétaire. A l’échelle de la population française, c’est comme si chacun d’entre nous avait un petit lot de 12 virus !

Ce sont donc en permanence des pluies invisibles de virus qui nous tombent dessus. Et c’est justement par les embruns et les poussières qu’ils sont transportés sur des milliers de kilomètres. 

Pour voyager gratuitement sur Air Virus, ces passagers clandestins s’accrochent à des particules organiques en suspension dans les airs et dans les gaz avant d’être déposés à la surface de la terre.

Mais est ce que des virus dangereux peuvent voyager et se transmettre à l’homme ? 

C’est évidemment la question que tout le monde se pose puisque qu’avec les virus se sont aussi des agents pathogènes qui peuvent circuler. 

Mais selon Jean-Claude Manuguerra qui est virologue à l’institut Pasteur, rien n’indique que chez l’homme, des cas de contaminations de virus se soient produits à cause des vents. Même si la rougeole ou la grippe se transmettent par voie aérienne, leur dilution dans l’atmosphère met rapidement un terme à leur virulence. 

En revanche chez l’animal, les doutes ne sont plus permis et chez le porc en particulier avec la fièvre aphteuse, une maladie virale très contagieuse. De nombreuses études ont montré que le virus peut profiter des vents dominants pour se diffuser. En 1981 la fièvre aphteuse issue de la même souche virale, avait contaminé des fermes françaises et anglaises pourtant distantes de 280 kilomètres. 

Mais les virus ont aussi de très bons côtés. L’étude rappelle qu’ils peuvent également nous protéger contre des bactéries nocives. Ce sont les fameux « bactériophages ». 

Nous sommes donc rassurés car même s’il pleut des virus on peut continuer à marcher le nez au vent ! 

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