En novembre dernier, un américain de 27 ans, John Chau, s’était mis dans l’idée d’aller évangéliser la tribu des Sentinelles qui vit coupée du monde dans les îles Andaman au large de l’Inde. Bien mal lui en a pris puisque le jeune touriste s’est fait recevoir par une pluie de flèches qui a entraîné sa mort...

Prise de vue depuis une plage des îles Andaman, au large de l'Inde. Un mois après la mort de John Allen tué par une tribu isolée, les Sentinelles, la police n'a toujours pas retrouvé son corps
Prise de vue depuis une plage des îles Andaman, au large de l'Inde. Un mois après la mort de John Allen tué par une tribu isolée, les Sentinelles, la police n'a toujours pas retrouvé son corps © AFP / Hari Kumar

Cette tribu ancestrale est un peuple de chasseurs cueilleurs qui est parvenu à rester totalement isolé de la société moderne malgré les menaces extérieures liées aux navigateurs aux contrebandiers ou aux épidémies.

Selon l’anthropologue du CNRS Irène Bellier qui travaille sur les droits des peuples autochtones à l’échelle internationale, cette volonté de vouloir « civiliser » des communautés humaines considérées comme abandonnées du monde et des dieux, existe toujours. 

Des peuples qui vivent isolés du reste du monde

Le fait divers affligeant du mois de novembre nous rappelle que dans de nombreux pays du monde vivent des peuples en isolement volontaire.

Selon les estimations il en existe des centaines dans différents points du globe, mais la difficulté pour les comptabiliser repose sur le fait que les Etats ont le choix de créer ou pas une catégorie les concernant. 

On sait seulement qu’il existe 400 millions de personnes dans le monde appartenant à des peuples autochtones et qu’à l’intérieur de ces peuples se trouve une rubrique particulière concernant des petits groupes d’hommes et de femmes qui ne désirent pas être contactés. 

Le plus grand problème pour ces humains qui vivent en autarcie est de résister aux pressions de toutes sortes.

Quelles sont les menaces qui pèsent sur ces peuples isolés ? 

Elles sont nombreuses du fait de la mondialisation qui les confronte à des problèmes tels que le trafic de drogue, la déforestation, ou à des projets de construction de route et de chemins de fer qui traversent leurs terres et qui font l’objet de convoitises en raison de leurs richesses. Une véritable « malédiction de la ressource » selon Irène Bellier qui attire les industriels voulant par exemple extraire du pétrole ou des métaux rares

Au Brésil, la première décision du nouveau président Bolsanaro a été de lever les dispositions protégeant les territoires autochtones d’Amazonie en attribuant leur gestion au ministère de l’agriculture. Une façon de jeter leurs terres en pâture au lobby de l’agro business qui n’a qu’une obsession : les valoriser financièrement. 

La France qui a pourtant une sensibilité aux droits humains, ne reconnait pas les peuples autochtones sur son territoire. Notre pays vient d’ailleurs de se faire remonter les bretelles par l’ONU qui lui demande en Guyane de renouer le dialoguer avec les Amérindiens qui s’opposent à un gigantesque projet de mine d’or. 

Même si en 2007, les droits des « peuples autochtones » ont été reconnus par les Nations Unies, ces personnes vivent dans des situations très précaires pour défendre leurs visions du monde et leur droit à décider de leur destin. Un défi de tous les instants avec un horizon, comme au Brésil, qui s’annonce particulièrement sombre. 

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