L’été dernier, l’état du Montana aux Etats-Unis a connu sa pire saison sur le front des incendies avec plus de 400000 hectares de forêt partis en fumée.

Les conséquences d'un incendie de forêt
Les conséquences d'un incendie de forêt © Getty / Daryl Pederson

L’air était si opaque et irrespirable que les habitants de la petite ville de Lac Seeley ne pouvaient pas voir les arbres de l’autre côté de la rue. Ils sont restés cloîtrés pendant plusieurs jours dans leurs maisons avec des niveaux de particules fines qui dépassaient de 20 fois la limite autorisée par l’agence de la protection de l’environnement. 

Pourtant, malgré les feux qui se multiplient  ces dernières années partout dans le monde, les données manquent concernant les effets à long terme de l’exposition chronique à la fumée. Un problème qui touche de plus en plus de pays confrontés à un temps plus chaud et à des sécheresses qui créent des conditions idéales pour la multiplication de gigantesques incendies.

Selon une étude de la revue Climatic Change, au milieu du siècle, plus de 80 millions de personnes vivant en grande partie en occident doivent s’attendre à une augmentation de 57% du nombre d’épisode de fumée.

Les scientifiques sont sur la brèche…

Oui c’est la raison pour laquelle des chercheurs des sciences de l’atmosphère américains vont mettre en place dans quelques jours la plus grande expérience jamais réalisée autour des incendies. Pour cela ils vont partir à la chasse aux fumées en suivant ces dernières avec des camionnettes et des drones et en volant directement à travers les panaches à bord d’avion cargo bourrés de matériel. 

L’objectif est de comprendre l’impact des feux de forêt sur le climat et la santé des populations. 

La fumée comprend en effet un ensemble de composés nocifs et de minuscules particules qui peuvent favoriser les maladies pulmonaires comme l’asthme. 

Les scientifiques vont donc inventorier les substances chimiques libérées par les feux, comme l’oxyde d’azote, le monoxyde de carbone et les composés organiques volatils. Actuellement les modèles de prédiction concernant la composition chimique de la fumée reposent en grande partie sur les observations satellites qui présentent d’énormes marges d’erreur. 

Les chercheurs vont également chasser en altitude les panaches de fumée au cours des premières 24 heures pour voir comment la chimie se modifie à mesure qu’elle flotte dans l’atmosphère, toujours dans le but d’en étudier les conséquences sur les problèmes respiratoires. 

Ils souhaitent aussi comprendre comment les fumées et les nuages s’influencent mutuellement lorsqu’ils rentrent en contact. Les résultats pourraient améliorer les prévisions météorologiques. 

Et puis les scientifiques prévoient aussi de passer au crible les dossiers médicaux des pompiers forestiers pour comprendre de quelle façon l’exposition prolongée à la fumée peut les affecter. 

Ce travail vous l’avez compris sera aussi très utile pour un pays comme le nôtre ou la proportion de grands feux va augmenter dans les prochaines décennies en raison du réchauffement climatique. Les pompiers observent d’ailleurs que chaque année en France le risque incendie remonte en moyenne d’une quarantaine de kilomètre vers le nord. 

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