Mathieu, ce matin dans l’édito carré, on parle d’un livre qui interroge notre façon de consommer aveccet ouvrage « Les besoins artificiels, comment sortir du consumérisme? » signé du sociologue Razmig Keucheyan, professeur à l’université de Bordeaux.

Sortir du consumerisme
Sortir du consumerisme © Getty / acobs Stock Photography Ltd

Dans une mise en accusation du système capitaliste l’auteur, oppose l’acte d’achat à l’épuisement des ressources.

La transition écologique qui s’annonce écrit l’auteur, suppose de faire des choix de consommations drastiques en combattant le productivisme et le consumérisme capitalistes. Nous sommes tous écrit-il victimes des besoins artificiels dont les effets néfastes se font ressentir dans chacune de nos consciences. Dès lors doit s’engager une lutte contre l’emprise de ces besoins qui passe par notre capacité d’agir face à la marchandise.

Le marxisme est de retour Nicolas avec la théorie des besoins qui est essentielle selon Razmig Keucheyan pour comprendre la crise environnementale actuelle. 

Si le capitalisme donne lieu à une prolifération de besoins souvent artificiels, c’est parce que le productivisme et le consumérisme qui le sous-entendent déversent sur le marché des marchandises toujours nouvelles. Il serait donc nécessaire de reprendre le contrôle sur les besoins en enrayant cette logique.

Et qu’est-ce qu’un « besoin artificiel » ? 

C’est tout ce qui n’est pas vital comme manger, boire ou se protéger du froid. 

Les besoins artificiels sont basés sur une logique de marché avec une offre de marchandises sans cesse renouvelée afin que nous soyons tentés d’acheter toujours plus. Le nouveau smartphone 11 qui sort est une nouvelle marchandise comparé au précédent. Mais il s’agit en réalité du même objet accompagné simplement de quelques fonctionnalités nouvelles. Or ces objets ne sont pas soutenables sur le plan environnemental et ils sont souvent aliénants si l’on en juge par l’obsession qu’ils suscitent chez le consommateur.

Aujourd’hui écrit Razmig Keucheyan,

Le capitalisme sait tout marchandiser, même les marchandises une seconde fois lorsque vous les avez déjà payées. Les « extensions de garantie » en sont l’illustration. 

Mais sommes-nous en mesure d’instaurer une « norme du suffisant » pour reprendre l’expression du philosophe André Gorz ? Et qui peut déterminer le caractère légitime ou non d’un besoin? Ces questions sont vertigineuses et elles sont soulevées par Keucheyan. 

Et que propose-t-il pour répondre à ces questions ? 

Selon lui il fait étendre l’anticapitalisme aux objets et lutter contre la rotation rapide de leur durée de vie. Des objets comme les réfrigérateurs semblent par exemple ne plus voir leur technologie évoluer. On peut donc exiger des frigos qu’ils durent plusieurs décennies. La robustesse pourrait devenir un objectif politique dans les prochaines années et il convient d’inciter les fabricants à proposer des biens durables et réparables. 

Il faut selon le sociologue esquisser les contours d’une société juste et viable en taxant par exemple les besoins futiles pour démocratiser les besoins authentiques en régulant les choix des consommateurs. 

A deux semaines du Black Friday, cet ouvrage sur le consumérisme à la mérite de nous bousculer pour nous inciter à réfléchir à la question de nos besoins réels et d’une société humainement et écologiquement soutenable. 

Razmig Keucheyan sera l’invité de la Terre au Carré cet AM. 

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