Il s’agit d’un réseau extraordinaire qui a pour fonction de relier les arbres d’une forêt grâce aux milliers de kilomètres de micro-connexions tissées entre eux.

L'internet des bois, le Wood Wide Web
L'internet des bois, le Wood Wide Web © Getty / Katja Kircher

Cela fait une petite vingtaine d’années seulement que les biologistes ont identifié cette vie invisible qui a complètement bouleversé notre vision de la forêt. Alors que l’on pensait que les arbres étaient aussi impassibles que des bûches, cette découverte a révélé un système très sophistiqué qui leur permet de se parler, de s’alimenter et de se transmettre des informations précieuses sur leur environnement. 

Et concrètement à quoi ressemble ce réseau ? 

Il faut imaginer la forêt comme un seul individu puisque tous les végétaux sont reliés entre eux par des champignons au niveau de leurs racines. Ce sont ces champignons qui jouent les postes émetteurs de signaux électriques et qui permettent au réseau de se brancher sur le haut débit. 

Dans la revue La Salamandre, une chercheuse de l’université de Neufchâtel compare la forêt au corps humain dont les organes fonctionnent de manière coordonnée. Les plantes interagissent de la même manière pour la bonne marche de l’écosystème forestier. 

C’est ce réseau qui permet l’échange de nutriments et d’informations. Et à l’image du Web, cette toile végétale est très étendue. Prenez un seul mètre cube de terre forestière. Cette dernière contient jusqu’à 10 000 km de minuscules filaments ouateux fabriqués par les champignons et qui sont un peu la fibre optique de la forêt. 

Entre les arbres et les champignons, qui ont noué cette alliance vitale il y a plus de 450 millions d’années pour coloniser les terres émergées, c’est un vrai mariage de raison. 

Et quelles sont les fonctions exactes de cette toile ? 

Ce réseau n’a de cesse d’exploiter son milieu pour trouver de la nourriture. Les champignons fournissent aux arbres de l’eau, des acides aminés et des minéraux qu’ils puisent dans le sol. Ces apports permettent aux arbres de se développer plus vite et de mieux résister à la sécheresse par rapport à leurs congénères qui vivent sans champignons partenaires. 

Et figurez-vous Nicolas que ce réseau peut aussi être piraté par certaines plantes. Le mycologue Marc André Selosse raconte que la Néottie nid d’oiseau, une orchidée qui est dépourvue de chlorophylle et donc incapable de photosynthèse s’associe à un champignon vivant en symbiose avec un arbre pour intercepter la nourriture qui circule, sans rien donner en retour. 

Et l’on peut même parler dans certains cas d’un Dark Web de l’Internet de la forêt avec des champignons parasites capables de propager des maladies fatales pour les arbres en entraînant des hécatombes comparables aux virus informatiques. Les interactions entre les arbres et les champignons se font donc pour le meilleur et pour le pire.  

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Wood Wide Web des arbres rendez-vous cet après-midi dans la Terre au Carré. 

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